jeudi 5 octobre 2017

L'acrophobie... une peur pas insurmontable!

364 jours plus tôt... Amsterdam - Octobre 2016 - Début  de la thérapie contre l’acrophobie. Souvenirs! 
Depuis que je suis petite, je souffre d’acrophobie, c’est-à-dire de la peur du vide, de l’altitude ou encore des hauteurs. Ce terme est souvent remplacé inexactement par le mot vertige qui n'est théoriquement qu'un de ses symptômes. Voilà pour la définition du Larousse!

En grandissant ce phénomène n'a fait qu'évoluer et devenir de plus en plus handicapant! Durant ces dernières années, j'ai tenté de trouver des solutions pour pallier les désagréments comme par exemple rejoindre un groupe de randonnée, me forcer à réserver des billets d’avion sur des trajets courts, ou même obtenir un certificat de mon médecin pour aller voir un psychiatre, certificat que je n’ai jamais utilisé d'ailleurs à cause de ma bougeotte…

Lors de mon arrivée à Amsterdam, cette excuse ne valait plus surtout qu’à ce moment-là, aller au travail aurait pu devenir un problème... Bref, le déclic quoi !

Quelle idée aussi de bosser au 22e étage lorsqu’on habite dans le pays le plus plat du monde! En effet, bien mauvaise… La petite boule au ventre m’a suivi au boulot pendant mes premiers mois chez Elsevier… Et puis tant qu'à faire, plus on est de fous, plus on rit : elle n'était jamais seule à m'accompagner… Ces copains sentiment d’insécurité, d’angoisse vis-à-vis de l’imprévu, etc… étaient aussi de la partie. Et si l’alarme à incendie se mettait à sonner… Mince, il faudrait descendre par les escaliers… Et si… je me retrouvais dans une salle de réunion proche de la fenêtre, donc proche du vide, comment ne pas paniquer…

Voilà quelques exemples des réactions que je pouvais avoir avant… Ça vous paraît ridicule, n’est-ce pas? La blonde réagit un peu de manière irrationnelle… Jusque-là tout est normal !

Par contre, l'ennui c'est le stress inutile causé par tout ça, et le fait de ne pas pouvoir faire les choses qu’on aime voire qu'on pourrait même perdre des opportunités professionnelles… Il est temps de trouver une solution!

Après maintes lectures, j’ai découvert que l’acrophobie était instinctivement ancrée en moi depuis une période inconnue. Mon cerveau a intégré un réflexe automatique et inconscient de survie et de protection dans toute situation m’exposant à la hauteur. Il tire la sonnette d’alarme à chaque fois que la vue, le système vestibulaire et/ou proprioceptif identifient un élément dangereux au sein de l’environnement dans lequel je me trouve. Cela prouve que ces systèmes sont souvent défaillants chez un acrophobe. 


Dans un ravin...

Dans mon cas, voici les fauteurs de troubles : les ponts, les avions, les sentiers de randonnée en haute montagne, certaines remontées mécaniques, des escaliers en colimaçon montant au sein du clocher d’une église par exemple, les ascenseurs en vitre ou le vide vu d’un gratte-ciel... La liste est longue… Celle des anecdotes liées à chaque élément l’est d’autant plus! Si certains d’entre vous souhaitent en partager, allez-y, ça me ferait rire puis plaisir de connaître la façon dont vous racontez ça !

Poursuivons dans notre recherche des causes. Apparemment l’origine de cette peur est souvent le fruit d’un évènement passé : une chute, un trauma, une mauvaise expérience transmise par les parents dans une situation de danger (et oui la peur ça se transmet !) voire le fait d’être de nature anxieuse, l’anxiété étant le moteur de ce problème. Chaque situation dangereuse similaire à une situation précédemment vécue comme dangereuse voire l’anticipation liée à une situation future identique va générer du stress. Par exemple, lorsque j’allais aux sports d’hiver avec mes parents, plus les années passaient plus chaque jour, je me levais avec la peur au ventre, une peur liée à des situations vécues et à l’inconnu/manque de contrôle par rapport à l’emploi du temps de la journée qui commençait. Nous allions chaque matin prendre des cours de ski et ne savions pas où nous allions être amenés, avec qui, …
  
Sur les skis aux Deux Alpes!

Un jour alors que je skiais avec mes parents, j’ai décidé de ne pas les suivre par peur et de suivre mon propre chemin. Je me suis donc retrouvée livrée à moi-même sur un sentier proche du vide ce qui m’a terrifié. J’ai pris sur moi pour regagner la piste principale mais le lendemain, j’ai prétexté être malade pour ne pas y retourner. A présent, j’associe à cette station de ski la peur et je ne sais pas si je pourrais y retourner malgré tous les bons moments que j’y ai passés.

Comme quoi, plus on grandit, plus on gagne en conscience/expérience et moins il est facile de refaire certaines choses… Aaah quand j’avais 20 ans… lol

Et oui, quand j’étais plus jeune (!), mes crises d’angoisses étaient moins intenses. En revanche, elles ne me permettaient pas de découvrir les sensations que je découvre à présent : l’évitement, l’oppression, la perte d’équilibre, les tremblements, la transpiration et l’accélération du rythme cardiaque. Parfois, il m’arrive même de pleurer ou de faire des crises d’hyperventilation. Même dans mes crises, il n’y a pas de routines !

Self-control est le mot magique pour pouvoir retrouver son calme habituel. Lorsque je me suis retrouvée seule face au ravin, j’ai dû me convaincre que je n’avais pas d’autres choix que d’avancer au risque de rester bloquée et de ne jamais revoir mes parents et mon frère! Ça aurait été dommage !!! L’important est de convaincre son cerveau que nous ne sommes pas en danger. Facile!!!

Ma thérapie m’a aidé à comprendre ce qu’il se passe dans ma tête afin d’arriver à mieux gérer mes émotions voire penser différemment. La psy m’a expliqué que lors d’une crise d’angoisse, nous avons tout d’abord une grosse montée d’anxiété mais que celle-ci ne peut plus évoluer ensuite. La seule solution pour réduire l’anxiété est de se confronter à sa peur et qu’au contraire de ce que notre cerveau nous dit, il ne faut pas essayer de fuir cette situation. De cette façon, le cerveau identifiera cette situation comme non-dangereuse sur le long terme. Il est donc important de se retrouver face à des environnements « à risques » régulièrement, pour ne pas que la peur reprenne le dessus.

Au-delà de l’analyse effectuée à l’issu des premiers rendez-vous, pour ne pas dire l’interrogatoire, les solutions suggérées ont en effet été la confrontation : histoire de chasser les idées négatives liées aux situations passées dans un premier temps.

Plusieurs exercices m’ont été proposés. Nous avons commencé par un premier exercice qui ne m’a pas vraiment convaincu, je dois dire… C’est-à-dire, se remémorer une situation stressante liée à un vol, et raconter ce que l’on a ressenti. J’ai alors choisi de parler de mon expérience lors du vol Stockholm-Londres, juste après un orage. La psy m’a donc demandé de fermer les yeux de décrire la situation en détails puis de partager avec elle ce que j’avais ressenti à ce moment. J’ai dû me creuser la tête pour en sortir des informations précises!

Dans ce cabinet, il ne disposait pas du joli petit casque et de l’écran pour faire une séance de réalité virtuelle. Quel dommage, j’y aurais plus cru ! A c
ôté de cela, on m’a conseillé d’utiliser une appli de méditation voire d’écouter de la musique de relaxation, lorsque je suis dans l’avion afin de pouvoir me calmer.

Le second type d’exercice m’a permis de découvrir plusieurs bâtiments à Amsterdam, des bureaux d’entreprises principalement et les locaux de l’Université libre d’Amsterdam (Vrije Universiteit van Amsterdam).

Le principe : se pencher par la fenêtre et sauter, histoire de pouvoir amortir le choc de mieux en mieux! Qui y a cru ?

En résumé, j’ai dû m’approcher des fenêtres (la vitre partait de mes pieds et allait jusqu’au plafond) jusqu’à me sentir à l’aise. Mine de rien lors de la première séance à l’Université, cela m’a pris au moins 45 minutes alors que nous étions au 8e étage. Petit à petit, nous sommes grimpées pour faire la même chose aux étages supérieurs mais compte-tenu du fait que l’agencement était similaire, cela semblait plus facile. Passez deux heures à faire ça et vous êtes épuisés, je vous le garantis. Je n’ai pas été très efficace au travail après!

Photo prise lors d'une rando avec mes Sunny walkers!

Une semaine après, histoire de tester si cela avait évolué, nous avons remis ça avant d’aller ensuite dans un autre bâtiment où cette fois-ci, il s’agissait de monter avec des escalators entourés de vide puis une passerelle reliant deux salles. La répétition a fonctionné avec les escalators alors qu’en revanche, avec la passerelle, il a fallu y aller plus progressivement. Ce sont donc enchaînés les exercices où il a fallu se positionner à un endroit de la passerelle, y rester pendant un temps donné, puis faire la même chose au bord de la barrière, ceci aux deux extrémités et en allant de plus en plus loin. Ensuite, la deuxième semaine, j’ai dû traverser la passerelle à plusieurs reprises en m’arrêtant au milieu (le plus terrifiant), etc… La conscience du danger se réduisait au fur et à mesure.

Ceci a conclu ma thérapie ! En parallèle, la thérapeute m’a conseillé de poursuivre mes efforts en me confrontant régulièrement afin que cela ne revienne pas.

Sans attendre, alors que ma thérapie n’était pas finie, avec mes "stairapists" (ou collègues) nous avions déjà commencé l’ascension progressive du 22e étage ! En plus, les coupures de courant ont été aussi là pour faire marcher la machine. Les occasions n’ont pas manqué… Après un mois et demi à faire ça deux fois par semaine, l’objectif a été atteint même si seule je ne suis pas certaine de pouvoir. En revanche, pour la descente, il y a tout à faire...

En ce qui concerne l’avion, j’ai trouvé la parfaite excuse pour le prendre régulièrement… :) Du coup, je ne stresse plus la nuit précédant le vol, seulement une fois assise sur mon siège! C’est là que l’appli de méditation et la musique de relaxation interviennent et cela marche à merveille en fermant les yeux au cours des 20 premières minutes. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’être assise coté fenêtre, ma hantise, et au final, j’ai peur de regarder durant les premiers instants mais à la fin, je ne peux plus m’en passer tellement la vue est belle ! Mon prochain objectif : prendre un vol de plus de deux heures et peut être rendre visite à mes copines Lucie et Tina quelque part sur un autre continent... Un souhait de longue date!

Ensuite, je voudrais retourner faire du ski et de la randonnée en haute montagne pour voir ce qu’il en est. Des challenges et encore des challenges… Trop cool ! 

Certains d’entre vous m’ont déjà dit mais Gwen, la peur est toujours là… Peut-on dire que la thérapie à fonctionner? Bonne question! Evidemment, chaque situation est différente et il est impossible de savoir si je n’aurais pas peur à un endroit ou à un autre mais au moins j’ai appris à mieux comprendre d’où venait les crises d’angoisse, à me contrôler, j’ai d
écouvert quelques techniques pour me calmer et que la motivation est à chaque fois très importante pour me permettre de faire face à ce sentiment d'insécurité : la preuve lorsqu’avec Pierre-Jean, nous sommes montés en haut de la Basilique du Sacré-Cœur à Paris. Grâce à sa présence qui m’a motivé et sa patience, nous avons pu apprécier cette vue magnifique. 

Vue prise sur Paris du Sacré-Coeur. Ca aurait été dommage de manquer ca!

J’ai été assez surprise par la durée de ma thérapie : seulement quelques mois mais en effet, c’est un effort continuel! Certaines personnes s’en sortent grâce à l’hypnose ou à la sophrologie, d'autres types de thérapies cognitivo-comportementales dont la durée varie. A voir si je ressens le besoin de les tester plus tard…

Dans tous les cas, l’expérience aura été intense mais m’aura rendu plus forte et j’en suis bien heureuse. Happy ending! :)))

Au final, ça a aussi des avantages d’avoir peur du vide… Qui est-ce qui a plusieurs reprises a pu bénéficier de meilleures places lors d’évènements sportifs ou culturels parce qu’elle ne pouvait pas rejoindre son siège (qui en a aussi fait bénéficier les copines !) et qui en étant inscrite sur la liste des handicapés au boulot peut descendre par l’ascenseur lors des alertes incendies pendant que les autres descendent gentiment les escaliers ? C’est moi ! haha

Quart de finale de handball - JO Londres 2012 - Belle vue d’à côté de la tribune VIP!

A présent, pour ceux qui se seraient posé la question, je vais pouvoir envisager la thérapie contre la blonditude! Enfin, s’il y a des solutions! 

Et vous de quoi avez-vous peur?


lundi 3 avril 2017

Sofar, so good...le concert dans votre salon!

Je crois que c'est la première fois dans ce blog que je partage avec vous ma passion pour la musique…

D’où cela vient, c'est une bonne question... Les séances tourne-disque du dimanche où Papa me faisait danser sur la danse des canards et Dorothée ont surement du m'inspirer! (No comments!)

Le grand souhait de Papa était d'avoir un guitariste et un batteur dans la famille... Et manque de bol, une école de musique a ouvert ses portes à Chezal! Voilà, comment Aurélien et moi, nous avons commencé l'apprentissage de notre premier instrument de musique, puis du solfège, ... l'élément qui nous a certainement encourager à arrêter! Du moins, ça a marché avec Aurélien. Mon école casalaise m'a fait découvrir pleins de choses dont le fait que j'avais une voix qui pouvait casser les oreilles de mes parents! C'est là que c’est devenu intéressant!

Alors, à votre avis, qui d'Aurélien ou moi a choisi la guitare et qui a choisi la batterie? Réponse à la fin de l'article...

Concert de fin d'année avec Elo et Leslie

Une fois arrivée sur les bancs de l'université, le sport a gagné contre la musique au jeu des chaises musicales... Heureusement, quand on ne peut pas jouer, on peut encore écouter et donc aussi aller voir des concerts... Le Printemps de Bourges, par exemple, m'a permis de nombreuses fois de reconnecter avec le son... J'avoue que ce festival est un peu comme une addiction d'ailleurs! 

J'ai du attendre de pouvoir m'installer à Londres pour reprendre la chorale! Il faut croire que la capitale britannique avec ses nombreux artistes et salles de concert m’ont bien inspiré... Ce n'est pas non plus pour rien que l'Angleterre est l'une des terres d'émergence du rock… En effet, dans les années 60, on parle d'invasion britannique avec l'introduction massive de groupes britanniques sur le sol mondial spécialement américain. Les Beatles ont ouvert la voie, suivi par les Rolling Stones, the Who, Queen ou encore Led Zeppelin. Depuis, le mouvement se perpétue et en vivant là-bas on le ressent. Les nouveaux talents ont pas mal d'options pour conquérir les scènes et le public, quel que soit le style de musique... 

Le Bedford par exemple... Je suis très vite devenue une habituée de ce pub situé au sud de Londres qui ouvre sa scène plusieurs soirs par semaine et ce gratuitement. L'acoustique y est particulièrement bonne et le public très attentif. En ajoutant à cela, des amis, un bon burger et une bonne bière, nous obtenons le cocktail gagnant pour une bonne soirée.

Petite déco improvisée d'avant concert!

Les salles de concert, c'est bien mais... il y a aussi les salons! L'intervention de Sofar Sounds arrive à ce moment là! Et oui, Sofar Sounds a vu le jour le long de la Tamise, en 2009… Ses créateurs, des musiciens: Rafe Offer, Rocky Start et Dave Alexander, en ont simplement eu assez du public inattentif à leur art et ont choisi d'expérimenter ensemble la musique dans un contexte intimiste suggérant le respect de l'artiste. Le salon, lieu où le concept de concert est né au Moyen Age, s'est imposé comme l'environnement adéquate. Contrairement aux concerts où les groupes à l'affiche sont connus du public, Sofar ne révèle la line-up qu'au moment du concert afin d'éviter les retardataires qui ne viendraient que pour un groupe spécifique.

Petit à petit, le concept s'est développé. Après Londres qui accueille, à présent,  plus de deux concerts par jour, 320 villes dans le monde entier ont rejoint la bataille.

Suite à ce petit discours, j'imagine que vous pensez tous que j'ai découvert Sofar à Londres... et bien indirectement oui!

Un soir alors que j'étais au Bedford, un artiste: Josh Savage se produisait... Ayant bien aimé sa musique, j'ai décidé de le suivre sur Facebook. De fil en aiguille, j’ai vu qu'il avait joué à Sofar Sounds Paris et ait donc commencé à m'interroger sur le concept. Cela tombait à pic car à ce moment là, je venais juste d'arriver aux Pays-Bas et cherchait à poursuivre la découverte d'artistes ainsi qu'à rencontrer de nouvelles personnes à Amsterdam. Six mois après mon inscription, j'étais invitée au premier concert et ensuite à une réunion pour pouvoir rejoindre le groupe. Parfait :)


Dernier concert organisé dans un café dans le Pijp!

Comment ça marche? 
C'est simple, Sofar a un site internet: https://www.sofarsounds.com où artistes, public ou potentiel hôtes peuvent s'inscrire. Suite à l'envoi d'un email, les artistes et futurs hôtes ont la chance d'entrer directement en contact avec l'équipe Sofar de la ville sollicitée.  

Du côté du public, chacun peut choisir sa ville et donc consulter la liste d'évènements à venir. Pour obtenir une place au prochain concert, la première étape est de faire la demande en cliquant sur l'évènement afin de rejoindre la guestlist et de pouvoir potentiellement être choisi. Une dizaine de jours plus tard, Sofar vous enverra un email vous confirmant si vous avez été sélectionné ou non. Si oui, l'adresse vous sera révélée deux jours avant le concert. On aime bien garder des secrets! Si non, il ne reste plus qu'à retenter votre chance au prochain concert ou dans une autre ville proche de chez vous ou pourquoi pas sur votre prochain lieu de vacances!

Plus, vous postulez, plus vous aurez une chance d'être invité! Dans certaines villes comme Istanbul, les gens doivent parfois attendre plus de huit mois pour pouvoir participer à un concert compte-tenu du nombre d'intéressés et du faible nombre de concerts. Sofar est victime de son succès!

Public ou artistes sont logés à la même enseigne. Nombreux sont les groupes qui nous contactent... Trois artistes par concert, c'est la règle. La sélection se fait en fonction du style, des disponibilités mais aussi des caractéristiques du lieu. Parfois, des cafés, des entreprises, des magasins ou galeries, nous contactent en plus des particuliers. Les salons sont évidemment privilégiés.

Concert anniversaire des 3 ans de Sofar Amsterdam en Février dernier!

Comment rémunère-t-on les artistes?
Sofar, c'est avant tout un bon moyen de développer sa popularité et d'atteindre un public de vrais amateurs de musique... Un premier bonus pour les musiciens!

Chaque concert est gratuit mais les gens peuvent encourager nos actions en laissant un petit billet dans le joli chapeau rose que nous sortons à la fin de chaque concert. En général, nous recommandons dix euros par personne. Pas mal pour voir trois artistes, non? Cet argent est destiné à la réalisation de vidéos, ensuite postées sur la chaine Youtube de Sofar puis offertes aux artistes pour se promouvoir en ligne. A noter que ces vidéos sont réalisées par des professionnels.

Au Royaume-Uni, des groupes comme Bastille utilisent ce concept pour récolter des fonds pour des associations caritatives. Nous planifions, d'ailleurs, bientôt d'organiser un évènement similaire à Amsterdam.

Ici, nous sommes une petite équipe de dix personnes à peu près. Nous organisons un concert par mois. Toutes ces petites mains sont là pour s'occuper du choix des artistes, de la gestion des réseaux sociaux, la photographie, les films, la recherche d'hôtes, la gestion du site internet et de la guestlist, la coordination globale des ressources lors des évènements, etc...

Et mon rôle dans tout ça... Il passe de déménageur ou colleur d'affiche durant les évènements à guestlist manager le reste du temps! La personne contre qui vous devez être fâché si vous ne pouvez pas venir au prochain concert, c'est moi! Idem, si l'adresse ou l'heure de l'évènement posté est incorrecte! C'est juste mon sens de l'humour...

A force de participer aux concerts, j'ai aussi eu l'envie d'ouvrir mon appart à Sofar... Le rêve est devenu réalité en Janvier dernier. Voir son appart transformé en salle de concert était une expérience géniale.  Je le referai volontiers. Nous avions la chance d'accueillir des artistes britanniques qui ont su mettre une super ambiance et faire chanter tout le monde. C'était vraiment énorme. Les gens ici sont très respectueux. Je ne me suis pas un seul instant souciée du désordre qui pourrait être causé. Les voisins, eux aussi, ont du apprécier leur dimanche après-midi en musique car personne ne s'est plaint!

Voilà ce que ça donne quand c'est chez moi...

Bref, c'est vraiment une chance d'avoir pu rejoindre le groupe d'Amsterdam... Cette expérience m'a offert l'opportunité non seulement de profiter chaque fois plus des concerts mais aussi de voir ce projet sous un angle différent.

Pour commencer, j'ai fait la connaissance de chanteurs-compositeurs et groupes locaux mais aussi venant des quatre coins du monde (Canada, Afrique du Sud et surtout Angleterre...). Tous ont leur propre style et partage leur culture et émotions à travers leur musique: un aspect très enrichissant autant au niveau instrumental et technique qu'au niveau du message communiqué!

L'atmosphere unique d'un concert semi-privé en acoustique, c'est grace à Sofar que je l'ai découverte. L'ambiance est bien loin de celle d'un festival ou concert dans une salle compte-tenu des attentes de ce public toujours plus curieux. J'aime la proximité qui est créée au travers des évènements mais aussi le côté relax qui permet vraiment d'apprécier ce qu'on entend. On se sent plus impliqué en plus du fait que les groupes nous font plus facilement participer. L'inconnu nous rend tous plus réceptifs aux messages ou émotions que l'artiste veut transmettre.

Malgré tout, je ne renierai pas les festivals ou concerts en salle au détriment de Sofar car le côté festif procurre des sensations toutes aussi appréciables. Voir un artiste qu'on aime en live, c'est tout autre chose que de l'écouter à la radio!

D'un point de vue plus pratique... Faire parti d'un tel projet permet d'apprendre sur l'évolution de l'organisation, ses enjeux et objectifs, ainsi que d'en savoir plus sur le milieu de la musique et ses contraintes. Cette expérience m'a permis d'appréhender les besoins pour organiser un concert que ce soit humains ou matériels. Une bonne occasion de découvrir les outils utilisés pour la coordination globale ainsi que pour la communication/promotion.

Il arrive que nous ayons la visite de nos collègues Sofar des autres localisations aux Pays-Bas ou en Europe. C'est très intéressant de voir la demande dans chaque ville et donc l'impact sur la gestion globale. Il suffit simplement de comparer deux extrêmes : Amsterdam et Londres pour le réaliser. Partout, il semble que la connaissance de Sofar se fasse grace au bouche à oreilles et aux réseaux sociaux. A Amsterdam, on s'en rend bien compte car de nombreuses personnes viennent avec leur +1 qui ensuite s'inscrit et amène de nouvelles personnes... Il arrive qu'on voit d'un concert à l'autre les mêmes personnes ou c'est peut être moi qui fait une mauvaise sélection :p

Sofar nous emmène en voyage dans différents coins de la ville. Les concerts étant à chaque fois dans un lieu différent, il permet de découvrir des quartiers, des cafés/bars ou encore des festivals. De plus, cette aventure est très enrichissante socialement car chaque évènement permet de rencontrer des gens différents grace auxquels, on découvre des salles de concerts, des évènements, des organisations,... Le team Amsterdam en fait parti. Sofar a, complètement, éveillé ma curiosité par rapport aux différents projets artistiques existants ici.

J'espère que j'aurais su partager avec vous mon engouement pour ce concept. Qui sait, vous avez peut être une équipe Sofar dans votre ville et vous ne le savez même pas! Ne manquez pas l'occasion de vous inscrire!

*Tadadam poum : tous les deux, de la batterie (et du bidon)!



mercredi 1 mars 2017

Sous quel pont dormir a Amsterdam?

Depuis que j’ai quitté ma douce France, les numéros de "Gwendo fait de la coloc" ne cessent de se multiplier! Tout a commencé, non pas lorsque je suis devenue étudiante bizarrement, mais lorsque j’ai fait mes premiers pas dans la vie active londonienne! Une belle introduction vers une nouvelle façon de vivre...

Avoir sa chambre dans un coin entre le salon et la cuisine, partager un taudis avec des roumains voleurs de Mac ou encore perdre un logement un jour avant d'emménager, cela fait partie des aventures au sein de la jungle londonienne (pour les moins chanceux évidemment)! Toutefois, les règles de mon village de pécheurs sont un peu différentes. Qui dit nouvelle ville, dit nouveau contexte et nouvelles contraintes! La principale question est donc comment dénicher sa "huis sweet huis' à Amsterdam?



Le principal problème du pays des tulipes est de pouvoir loger tous ses habitants, en particulier à Amsterdam ou la majeure partie de la population est concentrée. Petite pause culture : les Pays-Bas comptent 17,1 millions d'habitants pour une superficie de 41 530 km2 dont 840 486 hab. à Amsterdam. Un bon argument qui justifie cette idée farfelue d’étendre son territoire en asséchant la mer!

Dans les années 80, Amsterdam était également une des villes les plus squattées d'Europe. De nombreuses actions ont été mises en place pour récupérer ces bâtiments et pour éviter que cela ne perdure. Un organisme s'occupe, par exemple, de louer à bas prix des logements inoccupés afin de les maintenir en bonnes conditions afin d'éviter le squat, c'est ce qu'on appelle "anti-kraak".  Dans cette mesure, la mairie demande également à chaque habitant d'être inscrit à une adresse, afin de pouvoir répertorier le nombre de personnes vivant au sein du même logement. Une bonne partie de la population amstellodamoise n'y est pas évidemment!

Comme je vous le disais, les néerlandais sont de très bons commerçants. Ils voient donc la sous-location comme une bonne opportunité d’éviter les fins de mois difficiles. Les prix à Amsterdam sont tellement élevés que ce serait dommage de s'en priver. Ce marché fait également le bonheur des agents immobiliers et des arnaqueurs. Que ce soit pour la location ou l'achat, tout le monde mange au même râtelier. Les prix ne font que monter alors que la qualité du logement ne fait que de se dégrader.

Parc voisin qui sera idéal pour les BBQ cet été!

Au fur et à mesure des recherches, la réalité de la situation se confirme. Discussions et expériences permettent de découvrir les choses à éviter, les outils à utiliser, le budget requis et les quartiers recommandés... La logique voudrait qu'Amsterdam soit le choix incontournable mais les gens ont tendance à nous orienter vers d'autres villes compte-tenu de la demande et du prix. Aux Pays-Bas, personne n'a peur de voyager d'une ville à l'autre sachant que c'est tout petit. De plus, les entreprises payent les frais de transport de leurs employés. Etendre mes recherches sur plusieurs villes m’a d’ailleurs donné l’occasion de découvrir un peu de pays : Utrecht, Zaandam, Haarlem,... Mais au final, mon coup de cœur était pour Amsterdam. L’idée de vivre dans une ville dynamique, proche de mon lieu de travail et d'y aller en vélo m’a bien motivé!

De manière générale, la qualité de vie à Amsterdam me semble meilleure qu'à Londres :

  • les biens et services sont plus abordables.
  • la pollution y est aussi très réduite. Il y a beaucoup d'espaces verts, bleus et rouges!
  • les gens sont moins stressés et très ouverts. Tout est fait pour être simple et pratique.
  • la ville est plus petite. Amsterdam n'est pas une ville très vaste. En 30min à vélo, il est possible d'aller du Nord au Sud de la ville alors qu’à Londres, il fallait une heure en train. Le choix de la localisation est donc moins un problème à moins d’avoir eu un coup de cœur. Ici, il faut apprendre à saisir les opportunités.
  • niveau logement, pour un loyer équivalent, il est possible d’avoir quelque chose de mieux.
Compte-tenu du prix, j’opte pour la coloc, un très bon moyen pour rencontrer du monde!

Vue en arrivant sur Java Eiland, à quelques pas de chez moi

Plusieurs techniques existent pour denicher la colocation de ses reves! Tout d'abord, mes recherches m’ont appris que le meilleur moyen est d'utiliser son réseau de connaissances. Bizarrement, c’est l’aspect dont je disposai le moins au départ et qui m’a permis au bout de deux mois de trouver mon ancienne colocation alors que j’ai trouvé mon appart actuel via Facebook au bout de dix jours. Un peu de chance peut-être ! J’ai aussi eu la possibilité de pouvoir loger chez mes anciens hôtes Workaway à Lelystad jusqu’à ce que je trouve un logement à Amsterdam.

Pendant deux mois, mes soirées et weekends étaient occupés par l’envoi de réponses aux annonces présentes sur les sites Internet comme Kamernet (un site internet dédié à la recherche de colocation plus pour étudiant), Marktplaatz (le bon coin néerlandais), Funda (un site internet dédié à la recherche d’appart), les forums, l’intranet de mon entreprise ou encore des groupes Facebook, tout ca, sans oublier les discussions avec mon entourage. Au final,  j'ai pu quitter le polder grâce à une collègue qui m’a mis en contact avec sa copine qui cherchait une coloc. Merci Elsevier!

J’avais également envisagé la recherche d'appart ou maison à plusieurs avec une copine néerlandaise mais cela n'a pas marché. Nous avions des exigences différentes a vrai dire. En revanche, avec une copine, nous avons mis en contact deux de nos amis dans ce but et ils ont réussi à trouver une maison rapidement. Toute option est a envisager!



Lorsque j’ai commencé à chercher une nouvelle colocation en septembre dernier, je m’y suis prise différemment. J’ai tout d’abord fait passer le mot à tous les gens que je connaissais. Bon nombre d’entre eux m’ont offert de l’aide compte-tenu de la situation qui était devenue plus qu’invivable dans ma colocation. Paradoxalement, c’est Facebook qui m’a permis de quitter la dictature alors que c’était le canal sur lequel je comptais le moins. Comme quoi, il n'y a pas de solution unique.

Cela n’a pas été une mince affaire pour prendre la décision de déménager car la « propriétaire » sous-loue illégalement ce logement (comme beaucoup ici) mais chut il ne faut pas le dire! J’avais peur de m’embarquer dans une situation compliquée mais au final, j’ai compris que tant que je pouvais m’inscrire à la mairie et bénéficier d’un contrat (plus ou moins légal) j’étais protégée. Les risques sont encourus par la propriétaire.

Bref, tout est bien qui finit bien. La chance m’a amené de l’autre cote d’Amsterdam et comme je le souhaitai m'a permi de vivre avec seulement une personne. Je vis à présent dans l’Est, sur une ile située à 15 min de vélo du centre: KNSM Eiland. Mon logement se trouve dans une ancienne entreprise de réparation de bateaux qui a fait faillite. L’espace a été réaménagé en appartement, il y a une quinzaine d’années.

Avec ma coloc Genevieve


Ma nouvelle colocataire s’appelle Genevieve, une américaine de 29 ans à la recherche d’un doctorat. La vie est tellement plus simple à deux et d’autant plus avec quelqu’un qui partage les mêmes exigences. Nous aimons autant l’une que l’autre cet espace et le quartier. Cela fait tellement de bien de retrouver sa liberté et de pouvoir s’épanouir à nouveau. La vie reprend ! Depuis, je me suis remise aux cours de chant et de néerlandais et suis de plus en plus impliquée dans le projet SofarSounds qui consiste à organiser des concerts au sein d’un salon dont le mien d’ailleurs. Je vous en parlerai plus en détails dans mon prochain article...

mardi 5 juillet 2016

Déjà plus d'un an aux Pays-Bas...

Déjà plus d’un an... C'est fou comme le temps passe vite. L'année dernière à cette époque, j’étais sur le point de commencer mon premier job aux Pays-Bas. Une nouvelle vie était à construire : trouver un logement, se faire de nouveaux amis, s’adapter à une nouvelle culture,… Bref, se créer une nouvelle routine dans une nouvelle ville, un nouveau pays…

Le chemin vers la victoire m’a conduit à vivre des expériences très variées depuis mon arrivée en Avril 2015 : le passage d’une vie londonienne stable à une vie nomade en pleine cambrousse néerlandaise : allant de Workaway en Workaway avec seulement une valise et un sac sur le dos. Heureusement, j’ai fini par poser mes bagages… Ils devenaient un peu lourds !

Me voilà à présent bien installée dans le sud-ouest d’Amsterdam après un court passage à Lelystad. Tous les matins, comme la plupart des néerlandais, je prends maintenant ma bicyclette pour aller bosser chez Elsevier (sans ma baguette, mon béret et mon collier d’ail, je précise)... Chaque week-end, j’arpente les canaux amstellodamois avec mes amis. Bref, je crois que je commence à être bien intégrée!!!

Mon arrivée à Amsterdam n’a pas été de tout repos. Je me suis vite sentie dépassée que ce soit par les formalités administratives à régler ou par la recherche de logement. Il m’a fallu du temps pour m’adapter à ce nouveau train de vie, bien loin de celui de la jungle londonienne. Je ne savais d’ailleurs pas vraiment par où commencer concernant la gestion de mon temps libre… L'instabilité liée à mon emploi, la nostalgie des bons moments passés à Londres et en France, plus le désir de tester de nouvelles choses faisaient que j'avais envie de tout et de rien. Avec le temps, les choses sont finalement venues d’elles-mêmes.

Je suis bien contente d'être arrivée fin Avril car ici l’hiver est une période plutôt calme voire déprimante. Néanmoins, au premier rayon de soleil, c’est toute une autre histoire : la vie reprend de plus belle ! Bref, les gens aiment user de cette saison froide pour passer de bons moments en famille… Disons que ce fut une bonne occasion de prendre du temps pour soi, faire des choses qu’on ne prend jamais le temps de faire comme les loisirs créatifs par exemple mais aussi de passer davantage de temps avec mes colocs et apprendre à les connaître.

En effet, ici aussi, on ne passe pas outre la vie en colocation, toujours pour des raisons financières même si la vie est relativement moins chère qu’à Londres. L’autre problème principal est l’espace. Et oui, il faut se serrer car il y a plus de gens au mètre carré que d’habitations. Cela entraîne d’ailleurs tout un commerce. Les propriétaires, les agences immobilières et les sites internet n’ont pas trop de soucis à se faire. Attention aux arnaques par contre !

Le meilleur moyen de dénicher la perle rare est incontestablement le réseau… Dans mon cas, c’est le boulot qui m’a mené à trouver le bon filon. Une de mes collègues de travail m’a contacté suite à la publication d’une annonce sur le site intranet de mon entreprise et m’a mis en contact avec sa copine qui cherchait une coloc. Voilà comment après avoir passé la plupart de mes soirées pendant deux mois sur Kamernet (un site internet dédié à la recherche de colocation plus pour étudiant), Marktplaatz (le bon coin néerlandais), Funda (un site internet dédié à la recherche d’appart) ou encore des groupes Facebook, j’ai trouvé mon nouveau chez-moi.  Cela n’a pas mis longtemps pour que je m’installe : trois jours après ma première visite, j’emménageai ! Il faut savoir saisir les occasions !

La coloc s’avère être un très bon moyen pour faire des connaissances. Cela m’a permis de rencontrer Christine (une allemande de 48 ans, freelance), Luke (un singapourien, architecte de 32 ans) et Hilda (une vénézuélienne de 35 ans, chef pâtissier). Ils m’ont tous accueilli à bras ouverts et c’est vrai qu’on est maintenant devenu comme une petite famille avec notre calendrier pour le ménage !

Sortie entre coloc pour mon anniv!

Je vis donc dans une maison située au sud-ouest d’Amsterdam, dans un quartier résidentiel appelé Nieuw Sloten, un quartier qui n’a rien à voir avec le centre historique d’Amsterdam mais qui est assez calme et sympathique ! Il me faut seulement 20 min pour me rendre au travail à vélo. Parfait quoi ! J’avoue que pour mon confort perso, j’aimerai partager un appartement avec seulement une personne. Qui sait de quoi le futur sera fait :)

Une fois, le logement trouvé, il fallait trouver de quoi s’occuper et donc se créer un cercle d’amis. Le niveau était élevé compte-tenu des rencontres extraordinaires que j’avais faites à Londres et qui m’ont fait plus d’une fois regretter mon départ… mais après plusieurs mois, avec une dose de Meetup, une pincée de Facebook, une poignée d’amis d'amis, une cuillère à café de travail, trois Workaways, un litre de réseaux de français sur Linkedin et 10g de bénévolat sur le tour de France, la mission était accomplie.

En effet, lors de mon arrivée à Amsterdam, j’ai commencé par me rendre à des événements Meetup : paintball, photographie ou encore découverte des Pays-Bas. Chaque fois, je rencontrais une ou deux personnes sympas et restais en contact avec…

Par hasard, je suis tombée sur un message Facebook de Camille, une française qui venait d’arriver à Amsterdam et souhaitait organiser un pique-nique à Westerpark. J’ai répondu à son message même si je ne pouvais pas m’y rendre. Deux semaines plus tard, elle m’invitait à rejoindre ses amis pour une soirée et voilà comment j’ai rejoint le groupe des Picknickers de Westerpark et comment chaque weekend nous nous donnons rendez-vous pour faire des pique-niques, des après-midi jeux de société chez les uns ou les autres et découvrir la ville et ses bonnes adresses.


Premier pique-nique avec le groupe

Ensuite, par l’intermédiaire de Tina, j’ai fait la connaissance de ma première amie néerlandaise : Lilian, une copine de sa sœur. Nous sommes arrivées au même moment à Amsterdam et avons même entrepris de trouver une coloc ensemble. Durant les six derniers mois, nous avons préparé ensemble un semi-marathon, un projet qui nous a bien rapprochées.

Autrement, le travail est toujours un bon moyen de rencontrer du monde. Elsevier organise aussi régulièrement des « borrels » (pots) entre jeunes de l’entreprise afin de faciliter l’intégration et la cohésion en son sein. Nous pouvons aussi participer à différents manifestations sportives : course à pied ou tournoi de football par exemple. On ajoute à ça les cours de yoga et autres activités proposées. Nous avons aussi formé un groupe de français au sein de l’entreprise. Nous déjeunons ensemble chaque mercredi et allons de temps en temps au resto. Ça fait du bien de partager ensemble nos frustrations ! Comme vous le voyez, les opportunités ne manquent pas! Je commence à avoir des gens sur qui compter. Ça fait du bien car ça m’a beaucoup manqué au début.

A côté de cela, ça a aussi du bon de découvrir un pays seule. Ce n’est pas Lucie, mon ancienne collègue/coloc et très bonne amie, bloggeuse de voyage (https://www.facebook.com/groups/voyagersoloautourdumonde) qui me contredira. Durant l’hiver, j’ai ressenti le besoin de sortir de chez moi et d’aller découvrir d’autres contrées. Une des choses que j'adore en étant à l'étranger, c'est de vivre dans un pays et à la fois de s’y sentir comme une touriste. C'est un peu les vacances toute l'année ! Ces expéditions en solo nous rendent plus faciles d'approche et nous encouragent à aller vers les gens. Au final, on se retrouve à faire des rencontres surprenantes simplement en osant poser une question. C’est ainsi que j’ai rencontré l’organisatrice du festival connu de Deventer dédié à Charles Dickens par exemple.

Ci-dessous vous verrez une carte des endroits, que j’ai eu l’occasion d’explorer depuis mon arrivée, accompagnée de photos par région.

Noord-Holland
Utrecht

Gelderland


OverIjssel


Amsterdam


Bref, ces excursions m’ont permis de creuser un peu plus les concepts du sabot en bois, du gérant de moulins et du dealer de drogues… Le patrimoine néerlandais regorge de ressources liées à la seconde guerre mondiale, à l’art du design, la peinture hollandaise et à l’environnement incluant la gestion de l'eau. Son histoire a forgé le mode de vie de ce pays et le caractère de sa population.

Des origines françaises et un séjour de quatre ans en Angleterre permettent de comprendre ces différences. Partir m’a permis de réaliser à quel point le mode de pensée britannique s’est ancré en moi. A l’heure actuelle, mon cerveau a un peu de mal à s’y retrouver ! Culture anglaise, culture néerlandaise, culture française ??? A quoi se référer ? Le plus intéressant dans tout ça, c’est que ces façons de fonctionner sont parfois opposées. Exemple… Les néerlandais sont beaucoup plus ouverts et plus directs que nos amis anglais qui ont toujours peur de froisser l'autre et préfèrent rester polis. I am sorry, I am sorry !

Les anglais et les néerlandais n’aiment ni les uns ni les autres le conflit mais ne le gèrent pas de la même façon. En Angleterre, on tourne autour du pot, histoire de faire passer un message de manière plus soft. J’espère que vous avez le temps ! Pour les néerlandais, le mot d’ordre est la franchise. Elle est vue comme un moyen efficace de régler les problèmes. J’avouerai qu’elle me pose parfois problème car les néerlandais n’y vont pas toujours avec le dos de la cuillère ! A ce moment, il faut essayer de se rappeler qu’ils font ça pour nous aider !!!

Au travail, par exemple, ils ne sont pas comme nous français qui avant d’aller poser des questions, essayons de trouver la réponse par nous-même. Tout est dans l’efficacité : si quelque chose n’est pas clair, il faut demander des explications sans attendre. Les décisions sont prises rapidement. Qu’on se trompe ou pas, ça n’a pas d’importance. Pas le temps de trop cogiter. Malheureusement, ce n’est pas toujours gage de qualité…

Quand on parle efficacité, on parle aussi de bénéfices… Les néerlandais sont réputés pour être des businessmen. Le pays étant petit, il fallait bien convaincre les voisins européens d’acheter le bon poisson néerlandais pour enrichir son économie. Cette qualité est ancrée dans les gènes. Je me rappellerais toujours de la partie de Monopoly jouée avec des néerlandais. Pour sûr, ils sont durs en négociation! En France, nous nous contentons de vendre nos maisons ou terrains au prix inscrit sur la carte voire un peu plus. Eh bien, ici, on se dit pourquoi pas doubler ou tripler le prix après tout. Attention parce que les arguments ne manquent pas ! Je n’ai également jamais vu de gens autant à l’affût de la gratuité, de la moindre offre sur Internet ou encore qui, chaque midi, choisissent leur nourriture en fonction du prix, à part s’ils cherchent à économiser pour des raisons précises. Peu importe ce qu’on mange après tout ! Si c’est gratuit, c’est forcément bon ! Bref, je ne comprends pas vraiment cette façon de penser qui rend parfois assez égoïste.

Parlant d’opinion, les néerlandais aiment le jeu de la contradiction car partager son point de vue est signe d’intelligence.

A ce sujet, ils sont assez impressionnants au niveau linguistique. Leur niveau d’anglais est incroyable. Merci la télévision ! Ils n’ont pas la chance comme nous les « frenchies » de traduire l’ensemble des films étrangers. (Au moins, quand je vais au ciné ici, je peux même voir des films en français !) C’est pour cette raison qu’ils parlent un anglais à dominante américaine. De plus, beaucoup d’entreprises américaines sont venues s’installer au Pays-Bas pour tester leurs produits compte-tenu de la concentration de population en un si petit espace et de sa mixité.

Ces arguments justifient le manque de motivation à apprendre la langue locale. Premièrement, les néerlandais sont les premiers à penser que c’est inutile. Deuxièmement, ils aiment pratiquer les langues étrangères donc dès qu’ils entendent un petit accent, ils se mettent à vous parler dans votre langue. Quel soulagement pour mon père quand il est venu de pouvoir s’adresser aux gens directement en français et d’obtenir une réponse en français !
Malgré tout, depuis que je suis ici, j’ai quand même pu enrichir mon vocabulaire ! Voici les mots indispensables à connaître : gezellig : génial, un mot très utilisé qui n’est traduisible qu’en néerlandais, borrel : pot où les gens se retrouvent ; le vrijmibo : after-work du vendredi ou encore tous ces mots liés à la gastronomie néerlandaise : bitterballen, haring, kroquette, stampot, j’en passe et des meilleurs !


La fameuse Appeltaart : dessert préféré des néerlandais

Toutefois, certains néerlandais sont assez xénophobes. J’en ai eu plusieurs fois la preuve grâce à mon chef. Eh oui, un peu bizarre quand on bosse dans une entreprise internationale. Je crois qu’il a compris au bout de quelques mois qu’il fallait mieux garder ses idées pour lui ! On m’a aussi questionné plusieurs fois sur le fait que les français ne parlent pas vraiment anglais. On m’appelle souvent au secours au boulot d’ailleurs ! La taille du pays est mon principal argument. La France s’améliore de ce point de vue de toute façon.

En revanche, ils sont loins de nous concurrencer en termes de convivialité et d’hospitalité. Même si ils aiment se retrouver autour d’une ou plusieurs bonnes bières, ils gardent ce côté nordique assez froid et donc moins accueillant. Par exemple, si vous êtes invités à un anniversaire, un conseil, mangez avant car seuls des boissons et des accessoires de grignotage vous seront offerts. Ne vous rendez pas chez quelqu’un à l’improviste car la spontanéité ici comme en Allemagne, ça ne se fait pas. Mes collègues français se moquent, d’ailleurs, beaucoup des néerlandais et de leurs agendas ! Tout doit être planifié bien à l’avance.

Comme je le disais plus haut, ce sont des gens très ouverts, pour qui les tabous n’existent pas. Par exemple, ils parlent ouvertement de leur sexualité. Les différences sociales ou hiérarchiques ne sont pas mises en évidence. N’importe qui prend son vélo pour aller au travail même les chefs en costard ! Après tout, sous la pluie, on est tous égaux ; on finit tous trempés ! Au boulot, quel que soit notre position au sein de l’entreprise, chacun a le droit de raconter ce qu’il veut à qui il veut. Je trouve que c’est une bonne chose. Ça rend les gens plus à l’aise.

Comme vous le voyez, en plus d’un an, j’en aurais apprises des choses ! Je ne regrette pas mon choix même si il était risqué et qu’au départ, j’ai eu besoin de beaucoup d’énergie pour me familiariser à toute cette nouveauté. J’encourage toute personne à se lancer. Comme qui dirait, on n’a qu’une vie et on ne sait pas de quoi demain serait fait donc il faut suivre ses envies. Si on le veut, on peut se donner les moyens de réussir. J’avouerai tout de même que le soutien de mes amis et de ma famille m’ont bien aidé à avancer. Partager aventures et tourments fait beaucoup de bien surtout au départ quand on connaît peu de monde. Un grand merci à tous ceux qui ont été là pour moi.

Woop, woop dans les champs de Jacynthes!

Je suis souvent questionnée par rapport à l’avenir… Quels sont mes projets ? A vrai dire, je vis au jour le jour à présent… J’essaye de profiter de chaque instant. Malgré tout, j’ai quelques souhaits. J’aimerai bien trouver un boulot qui me corresponde davantage. C’est une des raisons qui me fait hésiter concernant l’apprentissage du néerlandais… A l’heure actuelle, mes opportunités de carrière aux Pays-Bas sont réduites mais apprendre une langue prend du temps. Ne serait-ce pas plus utile d’apprendre une langue plus parlée en Europe comme l’allemand ou l’espagnol ou l’italien… Bonne question !

Niveau logement, je me sens bien où je suis mais aimerai probablement trouver une coloc plus petite. L’idéal pour moi serait d’avoir mon chez-moi mais dans une grande ville comme Amsterdam, les prix sont trop élevés pour ça.

La grande question est toujours de savoir si j’ai envie de me construire une vie dans un pays qui n’est pas le mien… Je n’en ressens pas l’envie actuellement même si j’apprécie la vie que j’y mène et ressens l’envie de poursuivre l’aventure... J’imagine que cela fait partie des éternelles questions qu’un expatrié se pose…

Qui vivra verra!

samedi 7 mai 2016

Trouver un emploi aux Pays-Bas

A travers cet article, je souhaite partager avec vous mes démarches en termes de recherche d'emploi aux Pays-Bas et pourquoi pas obtenir votre opinion sur le sujet car vous auriez peut être procédé différemment et pourriez nous donner de nouvelles idées. Voici le récit de mon histoire...

Comme vous le savez, j'ai débuté mon aventure par de courts séjours chez des habitants locaux, à travailler quelques heures par jour en échange du logement et de la nourriture: un bon moyen d'économiser de l'argent, de se familiariser avec la culture et de pouvoir rechercher un emploi en même temps.

Avant que je parte à l'aventure, certains me disaient que c'était très risqué de partir sans avoir trouvé d'emploi et se demandaient mais comment vas-tu faire pour trouver du travail?

Certes, la recherche d'emploi se fait en grande partie grâce à son réseau, aux Pays-Bas comme ailleurs. Evidemment, de ce point de vue, mon projet commençait mal... meme si mon entourage a essayé de m'aider en me mettant en contact avec certaines de leurs connaissances.

Suite à mon arrivée, certaines personnes que j'ai rencontrées ont été franches avec moi et m'ont dit que c'était la crise ici et que les gens avaient du mal à trouver un emploi. J'ai pu, en effet, discuter avec des gens qui ont du mettre en vente leur maison à cause de cette situation économique... Un début pas très encourageant, vous me direz...

Malgré tout, je suis restée positive car je pense que ce n'est pas en étant négatif qu'on avance dans la vie... Il faut bien essayer, se donner les moyens et surtout rester fixé sur son objectif... Bien entendu, cela n'a pas été facile tous les jours d'encaisser les réponses négatives... mais au final, je n'avais besoin que d'une seule réponse positive...

J'ai poursuivi mes recherches en tenant compte des conseils des locaux et de mes propres expériences. Petit à petit, je me suis appropriée le marché du travail néerlandais. J'ai d'ailleurs choisi d'utiliser différents canaux pour booster ma recherche.

En amont, je m'étais beaucoup documentée sur la recherche d'emploi aux Pays-Bas notamment via le site Iam Expat. De cette façon, j'étais rentrée en contact avec différentes associations aidant les français à trouver un emploi ici comme Avenir Emploi. Je me suis rendue à un de leur café CV. Le principe est de se retrouver dans un café et de discuter des CV de chacun et obtenir des conseils pour l'améliorer. Ce jour là, le DRH de Booking.com était aussi là pour nous donner des conseils. Cette rencontre m'a apporté beaucoup d'informations sur le marché actuel, les attentes des entreprises néerlandaises (questionnement davantage sur les expériences et qualités qui en ressortent par exemple), vers quelles entreprises me diriger, etc... A côté de cela, j'avais aussi récupéré une liste des filiales françaises basées aux Pays-Bas auprès de la chambre du commerce et de l'industrie. Ainsi, je pouvais régulièrement consulter les sites internet des entreprises que j'avais sélectionnées. C'est le meilleur endroit pour dénicher des perles même si elles sont rares.

J'ai passé également pas mal de temps sur des sites internet dédié à l'emploi ou d'agences de recrutement où des annonces sont régulièrement postées par des entreprises comme LinkedIn, Monsterboard, Indeed ou encore Randstad. J'ai rejoint un groupe sur LinkedIn appelé Work in the City (Amsterdam) créé par des françaises: une bonne source d'information et de contacts. Certains groupes Facebook partagent aussi des offres d'emploi... Bien entendu, dans tout ça, il faut savoir trier.

Après quelques semaines de recherche, ma grosse question était l'importance de la maîtrise du néerlandais dans la recherche d'emploi. Bien entendu, cela augmenterait le nombre d'opportunités mais une langue ne s'apprend en deux jours. Chaque jour, en plus du travail pour mon hôte, j'essayais de consacrer du temps à ma recherche d'emploi et à l'apprentissage de la langue locale.

Ma seconde question était: dois-je revoir mes ambitions à la baisse et plutôt penser à trouver un travail afin de mettre un pied dans une entreprise, pouvoir s'installer et ensuite évoluer?

A la mi-juin, j'ai pu sentir un peu plus de mouvement, plus d'appels venant d'entreprises ou d'agences, des entretiens téléphoniques... et au final suite à une candidature pour un job d'été chez Elsevier, Randstad m'a appelé pour me proposer un job différent... Ils m'ont fait passer un premier entretien téléphonique puis j'ai reçu ma première invitation à passer un second entretien en face à face dans l'entreprise.

Petite anecdote... Lorsque je suis arrivée au siège de l'entreprise à Amsterdam, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que j'allais passer mon entretien au 22e étage. Le vertige est le premier sujet que mon chef a abordé car il avait peur du vide. Pas de bol parce que moi aussi... ça commence bien, on avait au moins une chose en commun! Mon entretien a donc pris des tournures un peu différentes... L'objectif était de rester focalisée!!!

Autrement, pas trop de surprises, comme on me l'avait dit les questions étaient basées sur mon expérience.  On m'a demandé par exemple de prouver que je disposais de chacune des compétences requises pour cet emploi et quel était le lien entre mes précédents emplois et celui-là...

Quelques jours après mon anniversaire, Randstad m'a appelé pour m'annoncer une bonne nouvelle: mon cadeau d'anniversaire était arrivé; je venais de décrocher le job. Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse d'obtenir un emploi! On a bien fêté ça avec Erna! La question était ensuite de savoir si j'allais pouvoir survivre au 22e étage! ça sert à quoi d'aller dans un pays 100% plat pour se retrouver à bosser en hauteur!!!

Bref, je dois dire que Randstad est l'agence qui a été la plus efficace. Je conseille vraiment aux gens de s'y inscrire. Ils sont en contact avec de nombreuses entreprises. Comme en France, les entreprises aiment passer par l'intérim avant de recruter directement leurs employés. Elles sont aussi réticentes à donner directement de long contrats. Pour cette raison, j'ai commencé avec des contrats de trois mois avant d'obtenir un contrat de six mois avec Elsevier.

Pour info, Elsevier (Reed Elsevier Group) est une des plus grandes maisons d'édition de littérature scientifique et médicale d'origine néerlandaise. Mon entreprise à Londres travaillait en collaboration avec eux. Ils géraient la vente et le marketing des ouvrages. Cette fois, c'est un poste d'assistante d'édition au département des journaux en sciences, technologies et médecine qui m'a été offert. Ce poste est très différent de mon précédent emploi mais demande le même genre de qualités. La communication se fait essentiellement en anglais. Je n'aurais même pas besoin du français pour le coup. L'entreprise est basée à 5 min à pied de la station Amsterdam Sloterdijk, dans le nord-ouest d'Amsterdam.

On m'a proposé de commencer le 6 Juillet. Cette date de début collait parfaitement à mon emploi du temps puisque je devais terminer mon bénévolat sur le Tour de France le 5.

A partir de cette date, j'allais officiellement pouvoir m'installer en Hollande... Comme quoi l'association Workaway et recherche d'emploi aura été la combinaison gagnante pour moi. Elle m'a permis de rencontrer des personnes vraiment sympas, de découvrir des régions peu connues, me familiariser avec la culture néerlandaise et aussi de me sentir utile et valorisée par mon travail, un sentiment difficile à avoir lorsqu'on se concentre à 100% sur sa recherche d'emploi.

Que pensez-vous de tout ça? Comment auriez-vous procéder? J'ai hâte de recevoir vos commentaires.