mercredi 26 août 2020

Début de la saga: Welkom terug in Frankrijk : un retour version COVID-19 - Episode 1

Dans mon article précédent, je vous racontais les aventures de Gwendo et ses tentatives de retour au Royaume du pain, du vin, du saucisson et du fromage… Comme dans la plupart des contes, l’histoire se terminait sur une « happy ending » avec la signature d’une proposition d’embauche pour le 4 mai 2020.

La bonne nouvelle du jour, c’est que cet article se terminera également sur une note positive ; mais le format sera un peu différent cette fois… Est-ce que vous aimez les feuilletons de l’été ? Si oui, vous allez être servis avec ce feuilleton de la rentrée !

J’ai choisi de vous concocter quelques épisodes à « la plus belle la vie » pour retracer les péripéties de mon retour en France en mode COVID-19 ! Restez-bien assis sur votre canapé, ça va secouer ! (Bon, j’en fais peut-être un peu trop !)

Pour continuer dans l’originalité, j’ai décidé de reprendre la suite de l’histoire en commençant par la fin (du moins à ce jour)… Alors à vos écrans !


Welkom terug in Frankrijk : un retour version COVID-19 

Episode 1 : La signature

Nous sommes aujourd’hui le 28 Juillet 2020. Le soleil plane sur les monts du Forez. Depuis une dizaine de jours, le nombre de cas de Coronavirus a augmenté. A la radio, les discussions au sujet d’une deuxième vague s’enchainent. Le port du masque au sein des lieux publics extérieurs fait également débat. L’animateur annonce 13h30. Je mets vite mon assiette et mes couverts sales dans l’évier et quitte l’ancienne fermette du hameau de la Fouillouse. Au volant de ma petite clio grise, je descends ma colline, longeant quelques champs et de grandes maisons au crépi blanc cassé et au toit en tuiles rouges. Attention, ici à ne pas écraser les poules et le chien du voisin !

De villages en villages, je parcoure, à présent, la plaine forézienne. Le relief est resté derrière nous. J’admire d’en bas le mont d’Uzore, les prairies encore vertes, les bois touffus, les champs de foin et de blé déjà coupés. Dans les communes ou hameaux alentours, de jolies maisons en pierre locale suscitent ma curiosité. Les rues sont presque vides mais j’y croise quelques véhicules. Enfin, le plus long fleuve de France m’accueille dès mon arrivée à Balbigny. La jolie voix à l’accent anglosaxon de Google Maps résonne dans mon oreille : « in 500 meters, at the traffic light, turn left ». (Oui, j’ai gardé l’application en anglais car ça me fait beaucoup rire de l’entendre prononcer les noms des rues ou des villages français !) Elle me rappelle que je devrais tourner au feu à gauche pour rejoindre la nationale qui me mènera vers Roanne.

Les paysages sont de plus en plus vallonnés et arborés. De la route, j’aperçois les champs dorés qui ont été moissonnés quelques semaines auparavant. Les panneaux m’informent de la présence de pentes de 4-5%. Il devrait normalement être difficile de respecter la limitation de vitesse mais n’étant pas rassurée dans les descentes, je roule pied sur le frein, tel un escargot ! Je songe même à me mettre sur la voie des véhicules lents !  Les pentes se suivent et ne se ressemblent pas jusqu’à l’entrée de la ville. J’ai le temps de prendre confiance ! Je rencontre à nouveau la Loire et me dirige vers le boulevard de Valmy. Je me sens un peu perdue, je ne reconnais rien… Où le GPS m’emmène-t-il ? Oups, c’est sûrement parce que je me suis trompée. Google Maps recalcule l’itinéraire. Un clic à gauche, puis un autre clic à droite… Une longue et large route se profile avec de grands arbres de part et d’autre. Je reconnais les entrepôts de Michelin et de Nexter. Quelques secondes plus tard, je mets mon clignotant pour tourner à gauche, me voilà face à un immense bâtiment noir et blanc. La devanture a une architecture originale et asymétrique. Les ouvertures ne manquent pas. Derrière, un grand bâtiment noir.

Maisonhaute Logistics investit dans le sur-mesure

Je m’arrête devant l’interphone, sonne et me présente : « Gwendoline Pointereau, j’ai rendez-vous avec M. Maisonhaute à 14h30 ». Une voix douce et féminine me répond sur un ton ferme : « Oui, entrez s’il-vous-plait et n’oubliez pas de vous présenter à l’accueil ». La barrière se lève… Je laisse ma voiture sur le parking visiteur et comme suggéré, je marche à une allure rapide et crispée vers l’accueil.

Les deux pieds devant la porte, je regarde la feuille de papier scotchée sur la vitre. La mention « accueil temporaire » suivi d’une flèche et du mot « Tirez » y sont inscrits. J’amène la porte vers moi puis passe mon nez à l’intérieur. Les locaux sont propres et modernes.

J’aperçois une petite dame à lunettes résolue à m’accueillir. Mesure anti-COVID oblige, face à la vitre en plexi-glace, je donne nom et prénom. «Vous venez de la part de quelle société ?», me dit-elle.  Je rigole dans mes moustaches et lui répond aucune. A l’aide de ma carte d’identité que je retourne vers elle, elle m’inscrit au registre des visiteurs. Toutes les formalités sont maintenant remplies, elle peut m’accompagner au bureau de M. Maisonhaute. Nous montons ensemble les marches vers le premier étage. Son bureau est à droite ! « Bonjour, bonjour ! Je suis votre rendez-vous ! ». Je vous laisse imaginer cette scène en version plus formelle !

Pas de serrage de main… Nous nous saluons tout en respectant les gestes barrières. Il m’invite à m’asseoir à la table à côté de son bureau. Nous échangeons quelques mots et passons directement à la relecture du contrat. L’ensemble correspond avec ce qui était convenu. Je n’ai pas envie de partir en courant. C’est bon signe ! Crayon en main, le moment des signatures est enfin arrivé. Youpiiii ! Le sourire s’affiche sur nos lèvres. Mes épaules se relâchent et mes mains moites ne sont plus contractées. Je retiens ma joie ! Cela fait plusieurs mois que j’attends ce moment… Les craintes liées à une seconde vague viennent de s’envoler !

Nous ne tardons pas à parler du déroulement des premiers mois… Au programme, compréhension du fonctionnement de l’entreprise puis analyse de l’existant en communication, marketing voire commercial grâce à des entretiens avec les différentes équipes et aux explications du chef ! Nous ne perdons pas une minute et filons dans les bureaux de mes futurs collègues pour la séance de présentation.

Au premier étage : comptabilité et administration et quelques marches plus bas se trouvent les services de gestion des transports et de l’affrètement, le service commercial, la comptabilité pour la logistique et le transport ainsi que l’accueil. Les employés ont l’air sympathique, sont détendus et concentrés à ce qu’ils font. Ayant entendu le discours de la parité homme/femme souvent chez Elsevier, je ne peux m’empêcher de remarquer que certains services ne sont composés que de femmes et d’autres que d’hommes !

Cerise sur le gâteau, on me montre mon futur bureau ! Fini l’open space et le flex-desk, je vais pouvoir penser à une déco personnalisée avec les photos de mon futur chien ! lol !

En chemin vers les milliers de m2 de stockage, nous passons par la salle de pause. Un bel espace a été aménagé pour le partage des blagues pourries et des nouvelles de la journée! La cantine, ce sera moi ! Bonne nouvelle !

Ensuite, je découvre les longues et hautes allées remplies de marchandises diverses et variées du local à température ambiante. Des lettres, des chiffres et des codes-barres sont affichés un peu partout. Plusieurs employés sont là pour remplir les camions au volant de chariots élévateurs et de transpalettes. Portes après portes, nous arrivons dans le local réfrigéré caché derrière. Une petite pensée pour la chocolaterie…  alors qu’on me demande de mettre une charlotte noire cette fois-ci. Nous sommes dans la section agroalimentaire. Ici aussi, je retrouve des étagères très hautes où de nombreux produits sont rangés par marque et catégorie. Je fais même connaissance avec le coin des palettes perdues !

Nous prenons maintenant le chemin de l’accueil, là où nous conclurons la visite. C’est l’heure du départ et je peux à présent dire à cette dame que je ferai partie de son entreprise à partir du 1er Septembre ! Hihi.

Je repars légère et avec l’envie de revenir prochainement pour commencer cette nouvelle aventure professionnelle ! Danielle, une petite danse des indiennes ? Ça s’impose !

Comme vous l’aurez compris, je suis bien rentrée mais… Pourquoi exprimer tant de joie ? Pourquoi parlons-nous du 1er Septembre et pas du 4 mai ? Y aurait-il eu des changements ? Peut-être parce qu’avant de trouver la lumière au bout du tunnel, les embûches ont été nombreuses … Pour les démasquer, suivez bien l’actualité de mon blog ! Le prochain épisode y sera partagé très prochainement ! Yeepee, un peu de suspense !

mardi 3 mars 2020

L'heure du retour en France a sonné!



Depuis un an, mon quotidien a changé progressivement. Chaque matin, 7h30, le réveil sonne, j’ouvre les yeux et c'est parti pour une nouvelle journée. Je mets la bouilloire en route, coupe mon orange et une fois que tout est sur la table, j'ai rendez-vous avec ma boîte mail. Ainsi, je parcours l'ensemble des messages envoyés par mes nouveaux amis Linkedin, RhoneAlpesJobs et Indeed. Suspense... Vais-je trouver dans ces longues listes un poste qui m’inspire…

La journée avance. Les yeux fixés sur mon écran, je pars à la recherche d’information sur cette entreprise qui pourrait peut-être me convenir ou cette entreprise qui propose un job intéressant. Une heure plus tard, à la maison, je liste les points clés de l’annonce et les placent dans mon CV et dans ma lettre de motivation. Ils sont prêts… En un clic, envoyés !

Ensuite, pour imager une expression anglaise que j'aime bien, feel butterflies in your stomach signifiant avoir des noeuds dans l'estomac, des papillons viennent danser de joie et d’impatience dans mon ventre. « Vivement la réponse ! » Il devient presque impossible de ne pas regarder mes emails et mon téléphone régulièrement ! Le mot patience vient à point !

Un soir en rentrant, je décide de me préparer des cookies... Les mains recouvertes de pâte, j’entends mon téléphone vibrer. Oh ! Un appel d'un numéro en + 33, la France... Je passe vite mes mains sous l’eau dans l'espoir de décrocher à temps.

Ouf c'est bon!
-          Allo, bonsoir... G******* M**********, le dirigeant du Groupe de transport et de logistique M********** basé à Roanne.
Je me rappelle avoir envoyé une candidature via Indeed…
Je vous appelle pour donner suite à la candidature que vous nous avez envoyé pour le poste d'Assistante Administration des Ventes et Marketing. J'ai décidé de diviser ce poste en deux et je vous ai retenu pour la partie marketing. Pourrions-nous nous rencontrer ?

Quelques minutes plus tard, un rendez-vous est callé... Cependant la description du poste n'est pas totalement claire…

Quinze jours passent... c'est l'heure du rendez-vous ! Ma demande d’informations est restée sans réponse mais je décide d’y aller malgré tout.

Pierre-Jean et moi, nous arrivons devant ces mètres carrés de bâtiments gris anthracite tout beau tout neuf. C’est plutôt impressionnant…

Quelques minutes plus tard me voilà à l’intérieur… Je monte les escaliers vers la salle de réunion et m’installe confortablement. Chacun venu avec notre batterie de questions, l'échange commence…

Je me sens à l'aise. J’obtiens les informations que je souhaite…
L’avenir est prometteur… et donc l’entreprise a besoin de quelqu’un pour structurer le marketing et la communication. Tout est à créer… Un beau challenge qui me séduit.  

L'entretien terminé, le directeur me raccompagne jusqu’à la porte d’entrée. Le mot de la fin sera « à la semaine prochaine » (pour la réponse) !

Je prends une bouffée d'air dehors en attendant mon chauffeur... Il respire la satisfaction et l’excitation. Quelques doutes s’installent malgré tout.

Pas le temps de se poser trop de questions car un autre entretien m’attend le lundi matin avec le Syndicat de la Fourme de Montbrison, l’entretien pour le parfait gourmand ! La meilleure préparation : manger du fromage tout le weekend ! Jusque là tout va bien ! Tout se passe bien mais les administrateurs semblent vouloir travailler avec un ingénieur agronome. Affaire à suivre...

Après ce petit séjour spécial entretien, c'est l'heure de monter dans l'avion et de rejoindre le pays du vélo. Le mercredi, retour au bureau...

Au moment de midi, je reçois un appel. Le numéro contient l'index 33 mais c’est un numéro des Pays-Bas, de la pub... Un peu plus tard dans l’après-midi rebelote. Sauf que cette fois-ci, c’est bien un appel de la France. Vite, vite, une salle de libre !

-          Bonjour, G******* M**********, Je vous appelle suite à l'entretien que nous avons eu la semaine dernière. Tout d'abord, je souhaitais vous remercier de vous être rendue disponible un samedi.
Le stress monte.
Il semble que vous remplissez une bonne partie des critères par rapport à ce que nous recherchons... 
Et monte encore plus. J'attends le mais...
et je voudrais donc vous offrir le poste...
Wow, wow, la joie monte mais je la contiens.
A vrai dire, je voudrais vous offrir encore mieux : le poste de Responsable Marketing et Communication
WOW ! J'en reviens pas.
Je vais vous envoyer une proposition d'embauche par email et vous me direz si cela vous convient.
SUPER, SUPER, quoi dire d'autres.
-          J'attends la proposition avec impatience.

Après avoir passé plusieurs jours à réfléchir à ce que j’allais faire et à regarder mes emails toutes les cinq minutes dans l'espoir de recevoir cette fameuse offre, finalement la voilà ! Quelle belle surprise ! On m'offre exactement ce que j'ai demandé. Comment refuser !

La joie m’envahit ! Je tape des pieds, j’ai envie de sauter partout… Waouh ! Le sourire ne part plus de mon visage. J’écris à Danielle, une de mes collègues françaises pour lui annoncer la nouvelle. Ni une ni deux, nous nous retrouvons au rez-de chaussée du batiment. Et là, la danse de la joie commence ! C'est la fête! J'y suis arrivée, je n’y crois pas! Et dire que j’imagine le moment où je vais donner ma démission depuis quelques temps et qu’à présent, je peux vraiment le faire ! Comme dirait ma collègue Marianna: unbelievable !

La prise de poste est programmée pour le 4 mai. Voilà une date qu’elle est bonne. Elle va me permettre de réaliser un autre projet : le projet de rentrer en France en vélo! Je rêve d’une escapade cyclotouriste depuis plus d’un an. Ce départ semble l’occasion parfaite pour une première expérience. Après le week-end de Pâques, à nous, les pistes cyclables européennes et beaucoup de découvertes !

Bref, plus que six semaines à passer à Amsterdam, un déménagement et un voyage à organiser… Comment dire : elles vont passer vite…

Suite au prochain épisode !

lundi 12 août 2019

Retour dans un nouveau pays, le mien !

Non, non, je ne vous ai pas oublié ! L’envie d’écrire ne me manque pas ! Seulement le temps !

Après ces quelques mois de silence, je vous raconte ce qui s’est passé dans ma petite tête durant tout ce temps. D’ailleurs, comme vous l’aurez compris grâce au titre de l’article, je reviens vers vous avec un nouveau projet…

Avoir pour second moyen de locomotion l’avion, ça devient un peu du luxe ! Et notre belle planète alors ! Il est temps de redescendre sur terre, de remettre le compteur à zéro et de se lancer dans une nouvelle aventure vers un nouveau pays – 3e édition, le mien !


Cela fait pratiquement huit ans que je vis entre le royaume d’Elisabeth et de Willem Alexander. Ces deux expériences d’expat m’ont tellement fait grandir… Je ressemble presque à une hollandaise !

Prendre cette décision n’a pas été facile… Je suis très attachée à mon univers international. Et pourtant… Je suis toujours en quête de trouver mon « chez moi » ! Amsterdam m’a beaucoup offert en matière de qualité de vie. On se sent naturellement bien dans cette ville : les déplacements à vélo, l’omniprésence de la nature et de l’eau, l’odeur de l’herbe (!), le dynamisme, la modernité écologique, etc… Les gens ne sont pas stressés ici. Ils sont optimistes et aiment profiter. J’aime écouter leurs parcours tous aussi uniques les uns que les autres. Mais la vie est chère et le logement est une vraie galère. Je n’arrive pas à y poser mes valises définitivement. Mon envie d’être ailleurs, proche de Pierre-Jean y est sans doute pour quelque chose…

De plus, ces dernières années, la France est devenue mon lieu de vacances favoris. Galoper d’un endroit à l’autre pour essayer de voir un maximum de personnes en peu de temps, voilà le quotidien d’un expat. C’est toujours toute une organisation pour passer quelques heures avec les gens et parfois parler avec certains pendant seulement dix minutes… On s’y fait mais c’est un peu frustrant. Refuser des invitations devient de plus en plus difficile. Je ressens l’envie de partager plus de moments avec les gens que j’aime.

Depuis deux ans et demie, « savourer » le sandwich de KLM dans les airs entre Amsterdam et Lyon est devenu de plus en plus régulier. Réveil matin 5:30, sac à dos sur les épaules, le départ vers Schiphol est imminent. Le weekend s’apprête à commencer. Bus puis train, je connais le chemin par cœur. Check-in gate pour Lyon, c’est de ce côté. Rapidement, je passe les customs et longe ensuite les magasins de souvenir sous l’effigie de la tulipe. J’arrive à ma porte d’embarquement sous les coups de 7h. Mes pensées se tournent vers le weekend qui arrive. Mon visage affiche un sourire. Je vais bientôt voir Pierre-Jean. J’en manque d’impatience après ces quelques semaines d’attente… L’hôtesse prend son micro : les passagers en classe économie sont invités à se présenter à la porte d’embarquement… Mon siège m’attend. 1h15 de vol et les portes de Lyon m’ouvriront les bras ! Ça y est, le sommet du Mont Blanc pointe le bout de son nez… La descente commence et rapidement les roues se posent sur le sol… Nous y sommes ! Plus que quelques minutes et je suis sortie. Mon covoiturage m’attend. Une nouvelle occasion de papoter avec un ou des inconnus, des vacanciers, un pilote ou encore un employé de l’aéroport, toutes les options sont envisageables. J’écoute attentivement le récit de leurs expériences et redécouvre la France à travers eux. Quelle inspiration ! 1h15 d’autoroute, ça doit être un chiffre porte-bonheur, et j’arrive à l’aire de covoiturage de Balbigny. Plus que 10 minutes d’attente avant les retrouvailles ! Rapidement ce sentiment de bien-être arrive ! Je suis transportée dans l’univers de Pierre-Jean ; son travail, sa maison, ses proches, … J’oublie les canaux, les vélos et le gouda et je pense à la fourme, aux montagnes du Forez et à la voiture. Je retrouve la nature, le terroir, le calme, etc… Cet environnement me rappelle mon enfance… Puis le weekend passe à vitesse grand V entre rendre visite aux amis ou à la famille, la chasse, les balades à vélo ou à pied, etc. Nous prenons nos habitudes mais le moment des aurevoirs approche déjà… ☹ Pfff…


Je reprends la route, m’envole dans les airs et en quelques heures, je suis de retour dans les pays plats. La vie hollandaise reprend son cours mais quelque chose ou plutôt quelqu’un manque… C’est étrange et désagréable… Les conversations téléphoniques reprennent… pour quelques semaines avant de remettre ça !

Dans tout ça, on ne s’est jamais posé de questions. La situation est comme elle est. On se focalise sur les bons moments. Après tout, c’est tout ce qui compte. 😊 On en veut juste un peu plus!

Quand j’ai annoncé à mes amis ici que je planifiais de partir, ils se sont évidemment réjouis ! Bon débarras !!! 😉 Mais m’ont aussi demandé pourquoi Pierre-Jean ne venait pas à Amsterdam pour y développer son business ? Vous êtes-vous déjà risqués à déraciner un forézien qui trempe tous les jours ses pieds dans la pâte à tartiner, leur ai-je répondu. Et bien si j’étais vous, j’oublierais ! Quelques minutes suffisent pour comprendre qu’il est passionné par son métier… Je ne compte plus le nombre de fois où nous sommes allés dans des supermarchés aux Pays-Bas ou en France et où nous avons passé notre temps à regarder les pots des concurrents pour voir si la pâte à tartiner était déphasée 😊 Le temps et l’énergie dépensés ne comptent plus pour offrir la qualité aux clients ! Charles chocolartisan, ce n’est pas seulement son projet mais celui de toute sa famille et de ses collègues. Je suis impressionnée par le dynamisme, la créativité et l’esprit d’équipe présent à la chocolaterie. Charlotte sur la tête, ils ont tous l’envie que l’entreprise grimpe au sommet et mettent les mains et les pieds à la patte pour ça. Et honnêtement, je leur souhaite. Pourvu que ça dure encore très très longtemps ! Cette attitude donne uniquement l’envie de pouvoir en faire autant et de les aider !

De mon côté, j’en suis bien loin. Je fais mon travail sans stress, dans une bonne ambiance et la journée passe... La situation est juste confortable. Je bénéficie d’horaire très flexible. Mon chef me permet de travailler de la maison quand j’ai besoin. Autant dire que sans ça, je ne pourrais pas rentrer en France aussi régulièrement et facilement. Il va falloir que je songe à lui offrir des bouteilles de champagne pour le remercier pour sa confiance !

Chez Elsevier, je me suis investie dans mon travail avec l’envie d’apprendre chaque jour. J’ai accumulé les projets en vain… Le changement de job ne s’est jamais profilé... Quelle frustration ! Se tourner vers de nouveaux défis professionnels vient donc à point. Une raison de plus pour bouger !

Me voilà prête mais ce genre de changement, ça se prépare ! J’ai donc commencé par lire des récits d’impatriés exposant dans de nombreux cas leurs difficultés à créer de réelles connexions avec les français et à se sentir chez eux. Manque d’ouverture, de flexibilité, envie constante de repartir, etc.  Des discours qui n’inspirent rien de positif… C’est bien dommage car je souhaitais m’en inspirer. Finalement, chacun vit les expériences de manière différente. Qui sait comment je vais réagir ? Je m’en voudrais de ne pas essayer.

Mon objectif principal est de me rapprocher. La première étape est de trouver un emploi, de préférence du côté de Saint-Etienne ou de Lyon où les opportunités seront plus nombreuses. La ville de Lyon m’a toujours attiré et mes passages à Saint-Etienne m’ont montré son dynamisme et la gentillesse des gens. Je n’ai pas vraiment de deadline. Je vais donc prendre mon temps pour faire un bilan de mon expérience à l’étranger pour identifier les éléments qui me conduiront à l’épanouissement professionnel et nous verrons ensuite.

J’ai choisi de faire appel à un coach pour m’accompagner dans cette démarche avant d'attaquer la recherche d'emploi… Je vous en dis plus dans mon prochain article. Et je vous promets que celui-là ne sera pas publié dans un an ! 

jeudi 5 octobre 2017

L'acrophobie... une peur pas insurmontable!

364 jours plus tôt... Amsterdam - Octobre 2016 - Début  de la thérapie contre l’acrophobie. Souvenirs! 
Depuis que je suis petite, je souffre d’acrophobie, c’est-à-dire de la peur du vide, de l’altitude ou encore des hauteurs. Ce terme est souvent remplacé inexactement par le mot vertige qui n'est théoriquement qu'un de ses symptômes. Voilà pour la définition du Larousse!

En grandissant ce phénomène n'a fait qu'évoluer et devenir de plus en plus handicapant! Durant ces dernières années, j'ai tenté de trouver des solutions pour pallier les désagréments comme par exemple rejoindre un groupe de randonnée, me forcer à réserver des billets d’avion sur des trajets courts, ou même obtenir un certificat de mon médecin pour aller voir un psychiatre, certificat que je n’ai jamais utilisé d'ailleurs à cause de ma bougeotte…

Lors de mon arrivée à Amsterdam, cette excuse ne valait plus surtout qu’à ce moment-là, aller au travail aurait pu devenir un problème... Bref, le déclic quoi !

Quelle idée aussi de bosser au 22e étage lorsqu’on habite dans le pays le plus plat du monde! En effet, bien mauvaise… La petite boule au ventre m’a suivi au boulot pendant mes premiers mois chez Elsevier… Et puis tant qu'à faire, plus on est de fous, plus on rit : elle n'était jamais seule à m'accompagner… Ces copains sentiment d’insécurité, d’angoisse vis-à-vis de l’imprévu, etc… étaient aussi de la partie. Et si l’alarme à incendie se mettait à sonner… Mince, il faudrait descendre par les escaliers… Et si… je me retrouvais dans une salle de réunion proche de la fenêtre, donc proche du vide, comment ne pas paniquer…

Voilà quelques exemples des réactions que je pouvais avoir avant… Ça vous paraît ridicule, n’est-ce pas? La blonde réagit un peu de manière irrationnelle… Jusque-là tout est normal !

Par contre, l'ennui c'est le stress inutile causé par tout ça, et le fait de ne pas pouvoir faire les choses qu’on aime voire qu'on pourrait même perdre des opportunités professionnelles… Il est temps de trouver une solution!

Après maintes lectures, j’ai découvert que l’acrophobie était instinctivement ancrée en moi depuis une période inconnue. Mon cerveau a intégré un réflexe automatique et inconscient de survie et de protection dans toute situation m’exposant à la hauteur. Il tire la sonnette d’alarme à chaque fois que la vue, le système vestibulaire et/ou proprioceptif identifient un élément dangereux au sein de l’environnement dans lequel je me trouve. Cela prouve que ces systèmes sont souvent défaillants chez un acrophobe. 


Dans un ravin...

Dans mon cas, voici les fauteurs de troubles : les ponts, les avions, les sentiers de randonnée en haute montagne, certaines remontées mécaniques, des escaliers en colimaçon montant au sein du clocher d’une église par exemple, les ascenseurs en vitre ou le vide vu d’un gratte-ciel... La liste est longue… Celle des anecdotes liées à chaque élément l’est d’autant plus! Si certains d’entre vous souhaitent en partager, allez-y, ça me ferait rire puis plaisir de connaître la façon dont vous racontez ça !

Poursuivons dans notre recherche des causes. Apparemment l’origine de cette peur est souvent le fruit d’un évènement passé : une chute, un trauma, une mauvaise expérience transmise par les parents dans une situation de danger (et oui la peur ça se transmet !) voire le fait d’être de nature anxieuse, l’anxiété étant le moteur de ce problème. Chaque situation dangereuse similaire à une situation précédemment vécue comme dangereuse voire l’anticipation liée à une situation future identique va générer du stress. Par exemple, lorsque j’allais aux sports d’hiver avec mes parents, plus les années passaient plus chaque jour, je me levais avec la peur au ventre, une peur liée à des situations vécues et à l’inconnu/manque de contrôle par rapport à l’emploi du temps de la journée qui commençait. Nous allions chaque matin prendre des cours de ski et ne savions pas où nous allions être amenés, avec qui, …
  
Sur les skis aux Deux Alpes!

Un jour alors que je skiais avec mes parents, j’ai décidé de ne pas les suivre par peur et de suivre mon propre chemin. Je me suis donc retrouvée livrée à moi-même sur un sentier proche du vide ce qui m’a terrifié. J’ai pris sur moi pour regagner la piste principale mais le lendemain, j’ai prétexté être malade pour ne pas y retourner. A présent, j’associe à cette station de ski la peur et je ne sais pas si je pourrais y retourner malgré tous les bons moments que j’y ai passés.

Comme quoi, plus on grandit, plus on gagne en conscience/expérience et moins il est facile de refaire certaines choses… Aaah quand j’avais 20 ans… lol

Et oui, quand j’étais plus jeune (!), mes crises d’angoisses étaient moins intenses. En revanche, elles ne me permettaient pas de découvrir les sensations que je découvre à présent : l’évitement, l’oppression, la perte d’équilibre, les tremblements, la transpiration et l’accélération du rythme cardiaque. Parfois, il m’arrive même de pleurer ou de faire des crises d’hyperventilation. Même dans mes crises, il n’y a pas de routines !

Self-control est le mot magique pour pouvoir retrouver son calme habituel. Lorsque je me suis retrouvée seule face au ravin, j’ai dû me convaincre que je n’avais pas d’autres choix que d’avancer au risque de rester bloquée et de ne jamais revoir mes parents et mon frère! Ça aurait été dommage !!! L’important est de convaincre son cerveau que nous ne sommes pas en danger. Facile!!!

Ma thérapie m’a aidé à comprendre ce qu’il se passe dans ma tête afin d’arriver à mieux gérer mes émotions voire penser différemment. La psy m’a expliqué que lors d’une crise d’angoisse, nous avons tout d’abord une grosse montée d’anxiété mais que celle-ci ne peut plus évoluer ensuite. La seule solution pour réduire l’anxiété est de se confronter à sa peur et qu’au contraire de ce que notre cerveau nous dit, il ne faut pas essayer de fuir cette situation. De cette façon, le cerveau identifiera cette situation comme non-dangereuse sur le long terme. Il est donc important de se retrouver face à des environnements « à risques » régulièrement, pour ne pas que la peur reprenne le dessus.

Au-delà de l’analyse effectuée à l’issu des premiers rendez-vous, pour ne pas dire l’interrogatoire, les solutions suggérées ont en effet été la confrontation : histoire de chasser les idées négatives liées aux situations passées dans un premier temps.

Plusieurs exercices m’ont été proposés. Nous avons commencé par un premier exercice qui ne m’a pas vraiment convaincu, je dois dire… C’est-à-dire, se remémorer une situation stressante liée à un vol, et raconter ce que l’on a ressenti. J’ai alors choisi de parler de mon expérience lors du vol Stockholm-Londres, juste après un orage. La psy m’a donc demandé de fermer les yeux de décrire la situation en détails puis de partager avec elle ce que j’avais ressenti à ce moment. J’ai dû me creuser la tête pour en sortir des informations précises!

Dans ce cabinet, il ne disposait pas du joli petit casque et de l’écran pour faire une séance de réalité virtuelle. Quel dommage, j’y aurais plus cru ! A c
ôté de cela, on m’a conseillé d’utiliser une appli de méditation voire d’écouter de la musique de relaxation, lorsque je suis dans l’avion afin de pouvoir me calmer.

Le second type d’exercice m’a permis de découvrir plusieurs bâtiments à Amsterdam, des bureaux d’entreprises principalement et les locaux de l’Université libre d’Amsterdam (Vrije Universiteit van Amsterdam).

Le principe : se pencher par la fenêtre et sauter, histoire de pouvoir amortir le choc de mieux en mieux! Qui y a cru ?

En résumé, j’ai dû m’approcher des fenêtres (la vitre partait de mes pieds et allait jusqu’au plafond) jusqu’à me sentir à l’aise. Mine de rien lors de la première séance à l’Université, cela m’a pris au moins 45 minutes alors que nous étions au 8e étage. Petit à petit, nous sommes grimpées pour faire la même chose aux étages supérieurs mais compte-tenu du fait que l’agencement était similaire, cela semblait plus facile. Passez deux heures à faire ça et vous êtes épuisés, je vous le garantis. Je n’ai pas été très efficace au travail après!

Photo prise lors d'une rando avec mes Sunny walkers!

Une semaine après, histoire de tester si cela avait évolué, nous avons remis ça avant d’aller ensuite dans un autre bâtiment où cette fois-ci, il s’agissait de monter avec des escalators entourés de vide puis une passerelle reliant deux salles. La répétition a fonctionné avec les escalators alors qu’en revanche, avec la passerelle, il a fallu y aller plus progressivement. Ce sont donc enchaînés les exercices où il a fallu se positionner à un endroit de la passerelle, y rester pendant un temps donné, puis faire la même chose au bord de la barrière, ceci aux deux extrémités et en allant de plus en plus loin. Ensuite, la deuxième semaine, j’ai dû traverser la passerelle à plusieurs reprises en m’arrêtant au milieu (le plus terrifiant), etc… La conscience du danger se réduisait au fur et à mesure.

Ceci a conclu ma thérapie ! En parallèle, la thérapeute m’a conseillé de poursuivre mes efforts en me confrontant régulièrement afin que cela ne revienne pas.

Sans attendre, alors que ma thérapie n’était pas finie, avec mes "stairapists" (ou collègues) nous avions déjà commencé l’ascension progressive du 22e étage ! En plus, les coupures de courant ont été aussi là pour faire marcher la machine. Les occasions n’ont pas manqué… Après un mois et demi à faire ça deux fois par semaine, l’objectif a été atteint même si seule je ne suis pas certaine de pouvoir. En revanche, pour la descente, il y a tout à faire...

En ce qui concerne l’avion, j’ai trouvé la parfaite excuse pour le prendre régulièrement… :) Du coup, je ne stresse plus la nuit précédant le vol, seulement une fois assise sur mon siège! C’est là que l’appli de méditation et la musique de relaxation interviennent et cela marche à merveille en fermant les yeux au cours des 20 premières minutes. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’être assise coté fenêtre, ma hantise, et au final, j’ai peur de regarder durant les premiers instants mais à la fin, je ne peux plus m’en passer tellement la vue est belle ! Mon prochain objectif : prendre un vol de plus de deux heures et peut être rendre visite à mes copines Lucie et Tina quelque part sur un autre continent... Un souhait de longue date!

Ensuite, je voudrais retourner faire du ski et de la randonnée en haute montagne pour voir ce qu’il en est. Des challenges et encore des challenges… Trop cool ! 

Certains d’entre vous m’ont déjà dit mais Gwen, la peur est toujours là… Peut-on dire que la thérapie à fonctionner? Bonne question! Evidemment, chaque situation est différente et il est impossible de savoir si je n’aurais pas peur à un endroit ou à un autre mais au moins j’ai appris à mieux comprendre d’où venait les crises d’angoisse, à me contrôler, j’ai d
écouvert quelques techniques pour me calmer et que la motivation est à chaque fois très importante pour me permettre de faire face à ce sentiment d'insécurité : la preuve lorsqu’avec Pierre-Jean, nous sommes montés en haut de la Basilique du Sacré-Cœur à Paris. Grâce à sa présence qui m’a motivé et sa patience, nous avons pu apprécier cette vue magnifique. 

Vue prise sur Paris du Sacré-Coeur. Ca aurait été dommage de manquer ca!

J’ai été assez surprise par la durée de ma thérapie : seulement quelques mois mais en effet, c’est un effort continuel! Certaines personnes s’en sortent grâce à l’hypnose ou à la sophrologie, d'autres types de thérapies cognitivo-comportementales dont la durée varie. A voir si je ressens le besoin de les tester plus tard…

Dans tous les cas, l’expérience aura été intense mais m’aura rendu plus forte et j’en suis bien heureuse. Happy ending! :)))

Au final, ça a aussi des avantages d’avoir peur du vide… Qui est-ce qui a plusieurs reprises a pu bénéficier de meilleures places lors d’évènements sportifs ou culturels parce qu’elle ne pouvait pas rejoindre son siège (qui en a aussi fait bénéficier les copines !) et qui en étant inscrite sur la liste des handicapés au boulot peut descendre par l’ascenseur lors des alertes incendies pendant que les autres descendent gentiment les escaliers ? C’est moi ! haha

Quart de finale de handball - JO Londres 2012 - Belle vue d’à côté de la tribune VIP!

A présent, pour ceux qui se seraient posé la question, je vais pouvoir envisager la thérapie contre la blonditude! Enfin, s’il y a des solutions! 

Et vous de quoi avez-vous peur?


lundi 3 avril 2017

Sofar, so good...le concert dans votre salon!

Je crois que c'est la première fois dans ce blog que je partage avec vous ma passion pour la musique…

D’où cela vient, c'est une bonne question... Les séances tourne-disque du dimanche où Papa me faisait danser sur la danse des canards et Dorothée ont surement du m'inspirer! (No comments!)

Le grand souhait de Papa était d'avoir un guitariste et un batteur dans la famille... Et manque de bol, une école de musique a ouvert ses portes à Chezal! Voilà, comment Aurélien et moi, nous avons commencé l'apprentissage de notre premier instrument de musique, puis du solfège, ... l'élément qui nous a certainement encourager à arrêter! Du moins, ça a marché avec Aurélien. Mon école casalaise m'a fait découvrir pleins de choses dont le fait que j'avais une voix qui pouvait casser les oreilles de mes parents! C'est là que c’est devenu intéressant!

Alors, à votre avis, qui d'Aurélien ou moi a choisi la guitare et qui a choisi la batterie? Réponse à la fin de l'article...

Concert de fin d'année avec Elo et Leslie

Une fois arrivée sur les bancs de l'université, le sport a gagné contre la musique au jeu des chaises musicales... Heureusement, quand on ne peut pas jouer, on peut encore écouter et donc aussi aller voir des concerts... Le Printemps de Bourges, par exemple, m'a permis de nombreuses fois de reconnecter avec le son... J'avoue que ce festival est un peu comme une addiction d'ailleurs! 

J'ai du attendre de pouvoir m'installer à Londres pour reprendre la chorale! Il faut croire que la capitale britannique avec ses nombreux artistes et salles de concert m’ont bien inspiré... Ce n'est pas non plus pour rien que l'Angleterre est l'une des terres d'émergence du rock… En effet, dans les années 60, on parle d'invasion britannique avec l'introduction massive de groupes britanniques sur le sol mondial spécialement américain. Les Beatles ont ouvert la voie, suivi par les Rolling Stones, the Who, Queen ou encore Led Zeppelin. Depuis, le mouvement se perpétue et en vivant là-bas on le ressent. Les nouveaux talents ont pas mal d'options pour conquérir les scènes et le public, quel que soit le style de musique... 

Le Bedford par exemple... Je suis très vite devenue une habituée de ce pub situé au sud de Londres qui ouvre sa scène plusieurs soirs par semaine et ce gratuitement. L'acoustique y est particulièrement bonne et le public très attentif. En ajoutant à cela, des amis, un bon burger et une bonne bière, nous obtenons le cocktail gagnant pour une bonne soirée.

Petite déco improvisée d'avant concert!

Les salles de concert, c'est bien mais... il y a aussi les salons! L'intervention de Sofar Sounds arrive à ce moment là! Et oui, Sofar Sounds a vu le jour le long de la Tamise, en 2009… Ses créateurs, des musiciens: Rafe Offer, Rocky Start et Dave Alexander, en ont simplement eu assez du public inattentif à leur art et ont choisi d'expérimenter ensemble la musique dans un contexte intimiste suggérant le respect de l'artiste. Le salon, lieu où le concept de concert est né au Moyen Age, s'est imposé comme l'environnement adéquate. Contrairement aux concerts où les groupes à l'affiche sont connus du public, Sofar ne révèle la line-up qu'au moment du concert afin d'éviter les retardataires qui ne viendraient que pour un groupe spécifique.

Petit à petit, le concept s'est développé. Après Londres qui accueille, à présent,  plus de deux concerts par jour, 320 villes dans le monde entier ont rejoint la bataille.

Suite à ce petit discours, j'imagine que vous pensez tous que j'ai découvert Sofar à Londres... et bien indirectement oui!

Un soir alors que j'étais au Bedford, un artiste: Josh Savage se produisait... Ayant bien aimé sa musique, j'ai décidé de le suivre sur Facebook. De fil en aiguille, j’ai vu qu'il avait joué à Sofar Sounds Paris et ait donc commencé à m'interroger sur le concept. Cela tombait à pic car à ce moment là, je venais juste d'arriver aux Pays-Bas et cherchait à poursuivre la découverte d'artistes ainsi qu'à rencontrer de nouvelles personnes à Amsterdam. Six mois après mon inscription, j'étais invitée au premier concert et ensuite à une réunion pour pouvoir rejoindre le groupe. Parfait :)


Dernier concert organisé dans un café dans le Pijp!

Comment ça marche? 
C'est simple, Sofar a un site internet: https://www.sofarsounds.com où artistes, public ou potentiel hôtes peuvent s'inscrire. Suite à l'envoi d'un email, les artistes et futurs hôtes ont la chance d'entrer directement en contact avec l'équipe Sofar de la ville sollicitée.  

Du côté du public, chacun peut choisir sa ville et donc consulter la liste d'évènements à venir. Pour obtenir une place au prochain concert, la première étape est de faire la demande en cliquant sur l'évènement afin de rejoindre la guestlist et de pouvoir potentiellement être choisi. Une dizaine de jours plus tard, Sofar vous enverra un email vous confirmant si vous avez été sélectionné ou non. Si oui, l'adresse vous sera révélée deux jours avant le concert. On aime bien garder des secrets! Si non, il ne reste plus qu'à retenter votre chance au prochain concert ou dans une autre ville proche de chez vous ou pourquoi pas sur votre prochain lieu de vacances!

Plus, vous postulez, plus vous aurez une chance d'être invité! Dans certaines villes comme Istanbul, les gens doivent parfois attendre plus de huit mois pour pouvoir participer à un concert compte-tenu du nombre d'intéressés et du faible nombre de concerts. Sofar est victime de son succès!

Public ou artistes sont logés à la même enseigne. Nombreux sont les groupes qui nous contactent... Trois artistes par concert, c'est la règle. La sélection se fait en fonction du style, des disponibilités mais aussi des caractéristiques du lieu. Parfois, des cafés, des entreprises, des magasins ou galeries, nous contactent en plus des particuliers. Les salons sont évidemment privilégiés.

Concert anniversaire des 3 ans de Sofar Amsterdam en Février dernier!

Comment rémunère-t-on les artistes?
Sofar, c'est avant tout un bon moyen de développer sa popularité et d'atteindre un public de vrais amateurs de musique... Un premier bonus pour les musiciens!

Chaque concert est gratuit mais les gens peuvent encourager nos actions en laissant un petit billet dans le joli chapeau rose que nous sortons à la fin de chaque concert. En général, nous recommandons dix euros par personne. Pas mal pour voir trois artistes, non? Cet argent est destiné à la réalisation de vidéos, ensuite postées sur la chaine Youtube de Sofar puis offertes aux artistes pour se promouvoir en ligne. A noter que ces vidéos sont réalisées par des professionnels.

Au Royaume-Uni, des groupes comme Bastille utilisent ce concept pour récolter des fonds pour des associations caritatives. Nous planifions, d'ailleurs, bientôt d'organiser un évènement similaire à Amsterdam.

Ici, nous sommes une petite équipe de dix personnes à peu près. Nous organisons un concert par mois. Toutes ces petites mains sont là pour s'occuper du choix des artistes, de la gestion des réseaux sociaux, la photographie, les films, la recherche d'hôtes, la gestion du site internet et de la guestlist, la coordination globale des ressources lors des évènements, etc...

Et mon rôle dans tout ça... Il passe de déménageur ou colleur d'affiche durant les évènements à guestlist manager le reste du temps! La personne contre qui vous devez être fâché si vous ne pouvez pas venir au prochain concert, c'est moi! Idem, si l'adresse ou l'heure de l'évènement posté est incorrecte! C'est juste mon sens de l'humour...

A force de participer aux concerts, j'ai aussi eu l'envie d'ouvrir mon appart à Sofar... Le rêve est devenu réalité en Janvier dernier. Voir son appart transformé en salle de concert était une expérience géniale.  Je le referai volontiers. Nous avions la chance d'accueillir des artistes britanniques qui ont su mettre une super ambiance et faire chanter tout le monde. C'était vraiment énorme. Les gens ici sont très respectueux. Je ne me suis pas un seul instant souciée du désordre qui pourrait être causé. Les voisins, eux aussi, ont du apprécier leur dimanche après-midi en musique car personne ne s'est plaint!

Voilà ce que ça donne quand c'est chez moi...

Bref, c'est vraiment une chance d'avoir pu rejoindre le groupe d'Amsterdam... Cette expérience m'a offert l'opportunité non seulement de profiter chaque fois plus des concerts mais aussi de voir ce projet sous un angle différent.

Pour commencer, j'ai fait la connaissance de chanteurs-compositeurs et groupes locaux mais aussi venant des quatre coins du monde (Canada, Afrique du Sud et surtout Angleterre...). Tous ont leur propre style et partage leur culture et émotions à travers leur musique: un aspect très enrichissant autant au niveau instrumental et technique qu'au niveau du message communiqué!

L'atmosphere unique d'un concert semi-privé en acoustique, c'est grace à Sofar que je l'ai découverte. L'ambiance est bien loin de celle d'un festival ou concert dans une salle compte-tenu des attentes de ce public toujours plus curieux. J'aime la proximité qui est créée au travers des évènements mais aussi le côté relax qui permet vraiment d'apprécier ce qu'on entend. On se sent plus impliqué en plus du fait que les groupes nous font plus facilement participer. L'inconnu nous rend tous plus réceptifs aux messages ou émotions que l'artiste veut transmettre.

Malgré tout, je ne renierai pas les festivals ou concerts en salle au détriment de Sofar car le côté festif procurre des sensations toutes aussi appréciables. Voir un artiste qu'on aime en live, c'est tout autre chose que de l'écouter à la radio!

D'un point de vue plus pratique... Faire parti d'un tel projet permet d'apprendre sur l'évolution de l'organisation, ses enjeux et objectifs, ainsi que d'en savoir plus sur le milieu de la musique et ses contraintes. Cette expérience m'a permis d'appréhender les besoins pour organiser un concert que ce soit humains ou matériels. Une bonne occasion de découvrir les outils utilisés pour la coordination globale ainsi que pour la communication/promotion.

Il arrive que nous ayons la visite de nos collègues Sofar des autres localisations aux Pays-Bas ou en Europe. C'est très intéressant de voir la demande dans chaque ville et donc l'impact sur la gestion globale. Il suffit simplement de comparer deux extrêmes : Amsterdam et Londres pour le réaliser. Partout, il semble que la connaissance de Sofar se fasse grace au bouche à oreilles et aux réseaux sociaux. A Amsterdam, on s'en rend bien compte car de nombreuses personnes viennent avec leur +1 qui ensuite s'inscrit et amène de nouvelles personnes... Il arrive qu'on voit d'un concert à l'autre les mêmes personnes ou c'est peut être moi qui fait une mauvaise sélection :p

Sofar nous emmène en voyage dans différents coins de la ville. Les concerts étant à chaque fois dans un lieu différent, il permet de découvrir des quartiers, des cafés/bars ou encore des festivals. De plus, cette aventure est très enrichissante socialement car chaque évènement permet de rencontrer des gens différents grace auxquels, on découvre des salles de concerts, des évènements, des organisations,... Le team Amsterdam en fait parti. Sofar a, complètement, éveillé ma curiosité par rapport aux différents projets artistiques existants ici.

J'espère que j'aurais su partager avec vous mon engouement pour ce concept. Qui sait, vous avez peut être une équipe Sofar dans votre ville et vous ne le savez même pas! Ne manquez pas l'occasion de vous inscrire!

*Tadadam poum : tous les deux, de la batterie (et du bidon)!



mercredi 1 mars 2017

Sous quel pont dormir a Amsterdam?

Depuis que j’ai quitté ma douce France, les numéros de "Gwendo fait de la coloc" ne cessent de se multiplier! Tout a commencé, non pas lorsque je suis devenue étudiante bizarrement, mais lorsque j’ai fait mes premiers pas dans la vie active londonienne! Une belle introduction vers une nouvelle façon de vivre...

Avoir sa chambre dans un coin entre le salon et la cuisine, partager un taudis avec des roumains voleurs de Mac ou encore perdre un logement un jour avant d'emménager, cela fait partie des aventures au sein de la jungle londonienne (pour les moins chanceux évidemment)! Toutefois, les règles de mon village de pécheurs sont un peu différentes. Qui dit nouvelle ville, dit nouveau contexte et nouvelles contraintes! La principale question est donc comment dénicher sa "huis sweet huis' à Amsterdam?



Le principal problème du pays des tulipes est de pouvoir loger tous ses habitants, en particulier à Amsterdam ou la majeure partie de la population est concentrée. Petite pause culture : les Pays-Bas comptent 17,1 millions d'habitants pour une superficie de 41 530 km2 dont 840 486 hab. à Amsterdam. Un bon argument qui justifie cette idée farfelue d’étendre son territoire en asséchant la mer!

Dans les années 80, Amsterdam était également une des villes les plus squattées d'Europe. De nombreuses actions ont été mises en place pour récupérer ces bâtiments et pour éviter que cela ne perdure. Un organisme s'occupe, par exemple, de louer à bas prix des logements inoccupés afin de les maintenir en bonnes conditions afin d'éviter le squat, c'est ce qu'on appelle "anti-kraak".  Dans cette mesure, la mairie demande également à chaque habitant d'être inscrit à une adresse, afin de pouvoir répertorier le nombre de personnes vivant au sein du même logement. Une bonne partie de la population amstellodamoise n'y est pas évidemment!

Comme je vous le disais, les néerlandais sont de très bons commerçants. Ils voient donc la sous-location comme une bonne opportunité d’éviter les fins de mois difficiles. Les prix à Amsterdam sont tellement élevés que ce serait dommage de s'en priver. Ce marché fait également le bonheur des agents immobiliers et des arnaqueurs. Que ce soit pour la location ou l'achat, tout le monde mange au même râtelier. Les prix ne font que monter alors que la qualité du logement ne fait que de se dégrader.

Parc voisin qui sera idéal pour les BBQ cet été!

Au fur et à mesure des recherches, la réalité de la situation se confirme. Discussions et expériences permettent de découvrir les choses à éviter, les outils à utiliser, le budget requis et les quartiers recommandés... La logique voudrait qu'Amsterdam soit le choix incontournable mais les gens ont tendance à nous orienter vers d'autres villes compte-tenu de la demande et du prix. Aux Pays-Bas, personne n'a peur de voyager d'une ville à l'autre sachant que c'est tout petit. De plus, les entreprises payent les frais de transport de leurs employés. Etendre mes recherches sur plusieurs villes m’a d’ailleurs donné l’occasion de découvrir un peu de pays : Utrecht, Zaandam, Haarlem,... Mais au final, mon coup de cœur était pour Amsterdam. L’idée de vivre dans une ville dynamique, proche de mon lieu de travail et d'y aller en vélo m’a bien motivé!

De manière générale, la qualité de vie à Amsterdam me semble meilleure qu'à Londres :

  • les biens et services sont plus abordables.
  • la pollution y est aussi très réduite. Il y a beaucoup d'espaces verts, bleus et rouges!
  • les gens sont moins stressés et très ouverts. Tout est fait pour être simple et pratique.
  • la ville est plus petite. Amsterdam n'est pas une ville très vaste. En 30min à vélo, il est possible d'aller du Nord au Sud de la ville alors qu’à Londres, il fallait une heure en train. Le choix de la localisation est donc moins un problème à moins d’avoir eu un coup de cœur. Ici, il faut apprendre à saisir les opportunités.
  • niveau logement, pour un loyer équivalent, il est possible d’avoir quelque chose de mieux.
Compte-tenu du prix, j’opte pour la coloc, un très bon moyen pour rencontrer du monde!

Vue en arrivant sur Java Eiland, à quelques pas de chez moi

Plusieurs techniques existent pour denicher la colocation de ses reves! Tout d'abord, mes recherches m’ont appris que le meilleur moyen est d'utiliser son réseau de connaissances. Bizarrement, c’est l’aspect dont je disposai le moins au départ et qui m’a permis au bout de deux mois de trouver mon ancienne colocation alors que j’ai trouvé mon appart actuel via Facebook au bout de dix jours. Un peu de chance peut-être ! J’ai aussi eu la possibilité de pouvoir loger chez mes anciens hôtes Workaway à Lelystad jusqu’à ce que je trouve un logement à Amsterdam.

Pendant deux mois, mes soirées et weekends étaient occupés par l’envoi de réponses aux annonces présentes sur les sites Internet comme Kamernet (un site internet dédié à la recherche de colocation plus pour étudiant), Marktplaatz (le bon coin néerlandais), Funda (un site internet dédié à la recherche d’appart), les forums, l’intranet de mon entreprise ou encore des groupes Facebook, tout ca, sans oublier les discussions avec mon entourage. Au final,  j'ai pu quitter le polder grâce à une collègue qui m’a mis en contact avec sa copine qui cherchait une coloc. Merci Elsevier!

J’avais également envisagé la recherche d'appart ou maison à plusieurs avec une copine néerlandaise mais cela n'a pas marché. Nous avions des exigences différentes a vrai dire. En revanche, avec une copine, nous avons mis en contact deux de nos amis dans ce but et ils ont réussi à trouver une maison rapidement. Toute option est a envisager!



Lorsque j’ai commencé à chercher une nouvelle colocation en septembre dernier, je m’y suis prise différemment. J’ai tout d’abord fait passer le mot à tous les gens que je connaissais. Bon nombre d’entre eux m’ont offert de l’aide compte-tenu de la situation qui était devenue plus qu’invivable dans ma colocation. Paradoxalement, c’est Facebook qui m’a permis de quitter la dictature alors que c’était le canal sur lequel je comptais le moins. Comme quoi, il n'y a pas de solution unique.

Cela n’a pas été une mince affaire pour prendre la décision de déménager car la « propriétaire » sous-loue illégalement ce logement (comme beaucoup ici) mais chut il ne faut pas le dire! J’avais peur de m’embarquer dans une situation compliquée mais au final, j’ai compris que tant que je pouvais m’inscrire à la mairie et bénéficier d’un contrat (plus ou moins légal) j’étais protégée. Les risques sont encourus par la propriétaire.

Bref, tout est bien qui finit bien. La chance m’a amené de l’autre cote d’Amsterdam et comme je le souhaitai m'a permi de vivre avec seulement une personne. Je vis à présent dans l’Est, sur une ile située à 15 min de vélo du centre: KNSM Eiland. Mon logement se trouve dans une ancienne entreprise de réparation de bateaux qui a fait faillite. L’espace a été réaménagé en appartement, il y a une quinzaine d’années.

Avec ma coloc Genevieve


Ma nouvelle colocataire s’appelle Genevieve, une américaine de 29 ans à la recherche d’un doctorat. La vie est tellement plus simple à deux et d’autant plus avec quelqu’un qui partage les mêmes exigences. Nous aimons autant l’une que l’autre cet espace et le quartier. Cela fait tellement de bien de retrouver sa liberté et de pouvoir s’épanouir à nouveau. La vie reprend ! Depuis, je me suis remise aux cours de chant et de néerlandais et suis de plus en plus impliquée dans le projet SofarSounds qui consiste à organiser des concerts au sein d’un salon dont le mien d’ailleurs. Je vous en parlerai plus en détails dans mon prochain article...